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27 Octobre 2004 - Numéro 19 - 2e année ©

 

Au sommaire de ce numéro :

 

 


 


Essai percutant sur les prêtres pédophiles,
par Paul-François Sylvestre

Depuis janvier 2002, deux cents prêtres pédophiles ont été relevés de leur fonction aux États-Unis. Deux évêques de Floride et un évêque du Kentucky ont démissionné pour éviter le scandale, suivis de deux autres prélats à qui on reprochait des abus sexuels de type différent. Les temps ont changé. Jusqu’au milieu des années 1980, la répugnance à croire les récits qui noircissaient l’image des prêtres et dénonçaient leurs actes demeurait profondément enracinée dans la culture américaine. Plus maintenant. On est davantage porté à croire que «la religion a le pouvoir de nous attirer sur les voies du mal», comme l’écrivait Lucrèce dans De natura rerum.

C’est d’ailleurs par cette citation que Garry Wills commence son essai percutant sur L’Église catholique et la pédophilie. Selon lui, le plus choquant dans les affaires des prêtres pédophiles, ce n’est pas le nombre – en soi consternant – de religieux qui ont forcé la main à des enfants, «mais le fait qu’on n’a pas cessé de lâcher ces prédateurs sur une population vulnérable de jeunes catholiques désarmés par une éducation obscurantiste et l’absence d’instruction sur la sexualité». Et on a plus d’une fois prétendu que la chose n’était pas grave puisqu’il ne s’agissait pas de «la vraie pédophilie».
À ce sujet, l’auteur note que, aux yeux de certains prêtres, le garçon efféminé relève si peu du sexe féminin qu’un contact plus ou moins sexualisé ne violera pas leur voeu de célibat. Souvent le prêtre ne se considère pas un homme comme les autres, ajoute Wills : «la loi qu’il prêche et contribue à appliquer n’est pas pour lui». Cela explique que le prêtre pédophile manifeste souvent peu de remords. À ce comportement s’ajoutait, il n’y a pas si longtemps, une sorte de culpabilité inversée. Les allégations des jeunes victimes se heurtaient à des réticences qui les vouaient au silence. Un des enfants violés de Boston raconte qu’il reçut une claque de sa mère lorsqu’il raconta qu’un prêtre avait abusé de lui. «L’impensable des mères fait l’indicible des victimes.»
Dans le cas des abus commis par des prêtres aux États-Unis, la hiérarchie n’est passée aux aveux ou aux regrets qu’après y avoir été contrainte par la loi. L’auteur précise que les parents se seraient contentés d’excuses et d’une promesse que le prêtre prédateur serait maintenu à l’écart des enfants. Si certains ont entamé des poursuites, c’est parce qu’ils ont constaté «qu’on leur avait servi des excuses minables ou véreuses et que l’engagement à tenir les prêtres en question loin des enfants n’était pas tenu.» Jusqu’en 2002, il était pratique courante pour un évêque de muter un prêtre dans une nouvelle paroisse sans informer les fidèles des errements passés du nouveau curé.

Garry Wills, L’Église catholique et la pédophilie, essai traduit de l’anglais par Paul Rozenberg, collection «Vu d’Amérique», Éditions Les empêcheurs de penser en rond, Paris, 2003, 112 pages.

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L’étonnante maîtrise et la rare fraîcheur de Tomson Highway
par Paul-François Sylvestre

Champion et Ooneemeetoo, de Tomson Highway, se présente comme une œuvre de dépaysement à laquelle il faut s’habituer lentement, avec l’aide d’un glossaire de termes cris. Il s’agit d’une autre culture, d’une autre réalité, d’une autre sensibilité.

Le roman s’ouvre sur la victoire d’Abraham Okimasis, indien cri, chasseur de caribou et «grand champion du monde» de la course en traîneau à chiens. Son fils se prénommera d’ailleurs Champion, mais il portera le nom de Jeremiah qui passe mieux dans le milieu majoritairement blanc. C’est dans cette société assimilatrice que Jeremiah apprend à jouer le piano et qu’il devient lui aussi champion en remportant le très convoité trophée Crookshank. Son frère, qui s’appelle David, se tourne vers la danse. Le livre suit l'histoire des deux garçons d’Abraham Okimasis, d’abord dans un pensionnat dirigé par les Oblats au nord du Manitoba, puis dans la ville de Winnipeg et enfin en Ontario.
L’identité amérindienne de l’auteur, sa sensibilité homosexuelle, sa verve dramatique, ses élans poétiques, tout se conjugue pour donner au récit une vitalité et une dynamique qui expliquent sans doute pourquoi il était important de traduire ce roman. Les descriptions de Tomson Highway se logent à l’enseigne d’une étonnante maîtrise et d’une rare fraîcheur.
La beauté masculine est souvent étalée, voire adulée dans ce roman. Highway note «la beauté sensuelle et désirable de Gabriel»; il souligne aussi que «dans des collants à la Superman, le prêtre aurait fière allure», lui qui était toujours témoin «du combat qui se livrait entre le célibat imposé et la chair tant humaine».
Le roman évoque des scènes qui rappellent les mœurs sexuelles qui ont caractérisé certains pensionnats dirigés par des religieux. Ainsi, l’auteur écrit que le bras du père oblat plonge dans le pyjama de Gabriel, tandis que son crucifix repose sur le visage de l’enfant. Le mouvement de pulsation subtile du prêtre fait en sorte que le Christ nu, «à la chair d’une beauté si poignante, se frottait sans arrêt sur les lèvres de l’enfant». Plus tard, Gabriel cherchera le contact des hommes à Winnipeg.

Champion et Ooneemeetoo demeure un roman étrange, sans doute, mais une œuvre qui clame haut et fort les multiples facettes d’une même identité. Rappelons que Tomson Highway est dramaturge, romancier et musicien - né dans le Nord du Manitoba. Ses pièces lui ont valu une reconnaissance nationale. Champion et Ooneemeetoo (Kiss of the Fur Queen) est son premier roman. Robert Dickson, pour sa part, est poète (Prix du Gouverneur général), parolier, traducteur et professeur à l’Université Laurentienne.

Tomson Highway, Champion et Ooneemeetoo, roman traduit par Robert Dickson, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2004, 358 pages.

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Nouveauté du mois
Par Hugues Demeusy

Ecrivain « underground » américain par excellence, Bruce Benderson, raconte ici sa relation amoureuse compliquée avec un jeune tapin roumain, qu’il rencontre lors d’un voyage en Hongrie. Le jeune homme tente de fuir la misère de son pays par tous les moyens, et il va se créer entre Bruce et Romulus (c’est le prénom du roumain), une histoire d’amour et de dépendance affective pour l’un et matérielle pour l’autre. Romulus fait découvrir toutes les richesses et la misère de son pays à l’auteur. S’en suit un « road movie » haletant au coeur d’une Roumanie en pleine mutation. Parallèlement, Bruce fait une fixation sur un monarque roumain Carol III et sa maîtresse Lupescu, une fille du peuple qui devint une grande dame à force de volonté et de stratagèmes érotiques. Il mêle les deux récits, comme si cette référence historique  était un moyen de dédouaner cette relation contre laquelle tout le monde le met en garde. Il fait en effet de constants allers-retours à New-York, où sa mère est en train de mourir. Un livre magnifique riche en métaphores symboliques, et dan slequel l’auteur affirme son anti-conformisme !

Bruce Benderson, Autobiographie érotique, chez Rivages.

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Jean-Luc Roméro sort un nouveau livre et lance un parti politique


Après
On m’a volé ma vérité, Virus de vie et Lettre à une droite maladroite, le seul élu français ouvertement homosexuel et séropositif

Je n'ai jamais connu Amsterdam au printemps se présente comme un journal intime politique dans lequel l'auteur expose ses efforts et ses démêlés pour essayer de convaincre ses collègues de la classe politique dirigeante d'adopter de nouvelles mesures face à divers sujets d'actualité comme l'homophobie, l'euthanasie ou la décriminalisation du cannabis. Le livre s'achève quand finalement, écoeuré par le peu de résultats obtenus, dégoûté par trop de promesses non tenues et parvenu au bout de ses propres forces, Jean-Luc Roméro décide de démissionner de son poste de secrétaire national de l’UMP. En toile de fond, l'auteur se rémémore son histoire d'amour avec Hubert, disparu trop tôt, dix ans auparavant, et qu'il ne peut oublier.

Aujourd'hui, Autrement : un parti 100 % différent

Tel est le credo du parti politique fondé par Jean-Luc Roméro

Aujourd'hui, Autrement se présente comme un parti libéral, social, humaniste et européen. On compte à son programme plusieurs objectifs audacieux comme passer à la VI république, rénover les pratiques politiques françaises, harmoniser les modes de scrutin et les rendre plus justes, instaurer un régime présidentiel, supprimer le poste de Premier ministre, définir une fois pour toutes le nombre de ministres d'un gouvernement et créer un statut novateur de l’élu. Sur le plan social, le parti veut promouvoir les nouvelles libertés et proposent notamment de dépénaliser le cannabis et l'euthanasie active, d'améliorer le pacs, d'étendre le mariage aux conjoints de même sexe et d'autoriser l'adoption pour les couples homosexuels.

Jean-Luc Romero, quarante-cinq ans, est conseiller régional d’Île-de-France, président fondateur des associations On Est Là ! et Élus locaux contre le sida, et chevalier de la Légion d’Honneur. Il a été consacré VSD d’Or dans la catégorie homme politique de l’année 2001. Il exerce la profession de directeur des solidarités à Vigneux-sur-Seine. 

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Il s’appelait Lou Goaco

LGoaco-small.jpg (12449 bytes)Pour son public, il était artiste peintre, scénographe remarqué, reconnu et admiré. Pour Pierre Salducci, il est un personnage de roman et ouvre la première page de Ma vie me prend tout mon temps. Il est mort du sida en mars 1994, à 35 ans. Sa mère, Anne Goacolou, lui a consacré un livre, un recueil de poèmes écrits au cours de sa maladie et suite à son décès. Des textes simples, qui coulent bien et qui nous en disent toujours plus sur ce que peut représenter le sida vécu de l’intérieur, pour le malade comme pour son entourage.

Pendant Après Sida, de Anne Goacolou, La Pensée Universelle, Paris, 1995.

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La collection Thé glacé en difficulté :
Le directeur François Harray communique

Malheureusement notre collection est toujours en proie à de gros changements internes. Ces « perturbations » nous empêchent d’assurer, pour l’instant, un suivi correct des manuscrits reçus. Il en est de même pour le courrier et nos newsletters on-line qui souffrent également d’un retard considérable. Veuillez nous en excuser mais soyez assuré que nous mettons tout en œuvre pour redémarrer notre collection dans les plus brefs délais. Nous vous informerons par voie virtuelle (lettre d’information ThéGlacé) dés que nous serons à nouveau opérationnels.

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Et une nouvelle maison d'édition voit le jour
L'association Cosmos medina Bruxelles annonce la naissance prochaine de son nouveau bébé : les éditions Biliki 

Rappelons que Cosmos medina intervient depuis de nombreuses années déjà dans plusieurs pays simultanément, mais principalement francophones, pour proposer des projets d'intégration destinés aux jeunes des pays défavorisés dans des domaines culturels, sociaux et économique. Dirigée de main de maître par l'écrivain Patrick Lowie, l'association a notamment mis en place un important portail culturel axé sur les relations nord-sud biliki.com qui permet le développement et la promotion de nombreuses réalisations de par le monde, toutes très réjouissantes. 
C'est donc ce réseau déjà expérimenté et reconnu qui décide de se lancer à présent dans l'édition, annonçant du même coup, à la surprise générale, que
les éditions Biliki reprennent ThéGlacé. La première parution est prévue pour mars 2005 et François Harray reste à la tête de sa collection. "C'était dans l'air depuis quelques mois, mais pas officiel. Voilà, c'est fait !" a déclaré Patrick Lowie. 
Les éditions Biliki possèderont en tout cinq collections différentes. Vous pouvez en apprendre plus en visitant le site des éditions Biliki. Il y est notamment possible de s'inscrire pour recevoir la lettre d'information du site et, si vous êtes auteurs, de soumettre des manuscrits, mais uniquement via le formulaire !

Patrick Lowie : http://www.patricklowie.com/

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Pour 2 DVD GAY TIGER PROD achetés le troisième est offert.


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