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10 Décembre 2004 - Numéro 21 - 2e année ©

 

Au sommaire de ce numéro :

 


 


Roman coup de poing
par Paul-François Sylvestre

Dans son premier roman, intitulé Manigances, Denis-Martin Chabot nous avait plongés dans la vie débridée de quatre gais québécois : Marc, Pierre, Robert et Roger.  Nous les retrouvons dans son second roman, Pénitence, dont l’action se déroule au milieu des années 1980. C’est l’époque où le sida fait son apparition, où la maladie fait ses ravages. Les personnages de Pénitence affrontent cette nouvelle et dure réalité. Les lecteurs ont droit à un roman coup de poing, tant par son analyse sociologique que par son style hyperréaliste.

L’histoire se déroule à Montréal et à Vancouver, à la fin de cette époque qu’une génération d’hommes gais appelle maintenant «le bon vieux temps». Époque où des homosexuels ont construit leur prison, « barreau par barreau, d’un amour interdit à l’autre, d’un amour permis à l’autre, d’un amour sans condom à un autre ». Époque où on se rappelait, chaque week-end, les garçons qu’on s’était tapés : « ils étaient nombreux, mais pas les préservatifs ». 
L’auteur dresse un constat on ne peut plus exact de la période pré-sida. « La promiscuité était un arrangement plus sain chez les hommes gais que la fidélité qui mène à la possession, à la jalousie et au matérialisme, comme on le voit trop souvent dans le monde straight. (…) Les plaisirs charnels, la gratification immédiate, la conquête et la nouveauté demeuraient des arguments puissants. » Mais voilà, le sida a créé une nouvelle génération, celle d’aînés qui entament à peine la trentaine, aux prises avec la maladie du siècle.
Un des personnages de Pénitence décrit l’univers auquel ces aînés s’étaient habitués au début des années 1980 : « Je suis avec toi parce que tu me fais du bien et tu es avec moi parce que je te fais du bien, mais entre-temps, on ne se doit rien, on ne s’engage à rien ». Le milieu gai nage allègrement dans une mer de liaisons, d’amourettes qui ne sont qu’une petite flamme s’allumant « comme un feu de prairies qui brûle vivement et spectaculairement, mais qui ne dure jamais ».
L’écriture de Denis-Martin Chabot nous permet de vivre de touchantes rencontres avec les personnages de son premier roman (pas besoin de l’avoir lu pour apprécier le second). Il nous plonge par ailleurs dans l’univers de deux ou trois autres gais aussi sympathiques que troublants. Il met également en scène un personnage hétérosexuel aux idées parfois dépassées, réactionnaires, souvent sexistes et racistes, un être qui n’en demeure pas moins compatissant, un homme qu’il faut prendre au bon moment, « lorsqu’il est vulnérable, habituellement le lendemain d’une brosse ». 
Pénitence est un roman direct, sans détours, sans gants blancs. Les nuits regorgent parfois de cinq orgasmes. La nudité est « musclée, découpée, ferme sous une peau douce et glabre ». Un personnage donne tout et prend tout, veut tout voir, tout essayer, tout goûter. L’auteur n’y va pas par quatre chemins pour raconter son histoire. Ce qui ne l’empêche pas de s’adonner parfois à une écriture poético-philosophique. Selon Denis-Martin Chabot, avoir le sida, c’est avoir l’amour dans sa vie, cela veut dire qu’on est témoin du dernier acte que la mort joue sur le corps d’un amant.

Denis-Martin Chabot, Pénitence, roman, Moncton, Éditions de la Francophonie, 2004, 228 pages, 24,95 $.

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Comme un défi, de Christine Sabolo

Comme un défi est un mystère à la limite du polar et du fantastique, distillant le suspens au fil des nombreux rebondissements qui jalonnent cette histoire aux frontières du réel.

Rien ne serait jamais arrivé si Patricia Morland, photographe, n'avait pas tenu à récupérer son imperméable, prêté à une jeune femme cette fameuse nuit d'orage… Seulement voilà : elle y tenait ! Et ce qu'elle trouva en se rendant à ce rendez-vous pour le moins bizarre lui coupa le souffle : la jeune femme avait été assassinée sept ans plus tôt ! C'est alors que se forme sous ses pieds la toute première fissure. Ensuite, au fur et à mesure de son enquête et de son désir de comprendre, c'est le sol tout entier qui menace de se dérober. Sa vie avec Carole bascule. Tout un passé ressurgit, défiant le temps et la raison, dépassant l'entendement. Patricia est entraînée dans un gouffre qui, finalement, ne lui est peut-être pas destiné.

Christine Sabolo est savoyarde et travaille dans le milieu de la presse. L'écriture et la photographie sont ses deux passions. Elle est également férue de romans policiers, de science-fiction, de surnaturel et de cinéma américain. Elle a participé aux recueils de nouvelles Le Début de la fin / La Fin du début et Belles d'époques. Comme un défi est son premier roman.
« J'ai besoin d'écrire,

Christine Sabolo, roman, Paris, Éditions de la Cerisaie, 2004, 224 pages.

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Un roman gai algérien chez Bonobo

Par Hugues Demeusy

Zinou est un jeune Algérien comme les autres, à la différence près qu’il est attiré par les garçons. Au milieu d’une famille très encombrante, il grandit dans la tradition musulmane. Il va découvrir l’amour avec Rafiq, pour qui cette relation n’est pas un problème, tant qu’elle demeure secrète. Zinou, lui, se révolte contre le joug de la morale et des traditions, qui l’empêchent de vivre son amour au grand jour.
Dans les années 90, de graves évènements politiques secouent le pays, déstabilisant encore plus le jeune homme. Il s’engage dans le combat tout en songeant à la France, dont la liberté des mœurs le fait rêver. Il décide d’écrire un journal intime pour un frère imaginaire, et de lui remettre par-dessous la table, puisque toutes ces histoires doivent rester cachées ! 
Récit autobiographique d’un jeune gai en Algérie, ce premier roman dont l’auteur souhaite garder l’anonymat, nous touche par sa fraîcheur, sa sensibilité et son humour qui parviennent à nous faire ressentir et comprendre totalement les conflits à la fois religieux et politiques, qui ont ravagé l’Algérie à cette époque.
Aniss A. est né en 1969.
Il signe là son premier roman sous le pseudonyme d’Aniss A ; un pied de nez à la société qui le rejette puisque « 

Aniss A., Par-dessous la meïda, Éditions Bonobo, 2004, 324 pages.

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Bou Kornine, de Michel Gilberti
Par Hugues Demeusy

Bou Kornine, la montagne aux deux cornes, est le décor du nouveau roman de Michel Giliberti. Celui-ci s’installe dans la région pour quelque temps, sur les traces de son enfance tunisienne. Il rencontre Moez, 23 ans, qui tente de le séduire, alors que l’auteur, ne voit tout d’abord en lui qu’un modèle pour ses peintures. Moez s’efforce de le convaincre de la profondeur de ses sentiments et parviendra à devenir son amant. 
Partagé entre culpabilité et simple bonheur, l’auteur  aura du mal à assumer ses contradictions. La critique du système social et l’évocation des paysages tunisiens alimentent cette exploration d’une relation amoureuse difficile qui met en évidence la nécessité de connaître l’autre, au-delà du simple plaisir du corps, avant tout à travers sa culture.
Michel Giliberti est né en 1950 en Tunisie. Il a enregistré trois albums dans les années 70 comme auteur compositeur et interprète. Peintre et auteur reconnu, il vit aujourd’hui en Normandie. L ’auteur s'interroge souvent sur l’éphémère, la fugacité ou l’inutilité de nos actes, sur l’alternance de la douleur et du plaisir, mais il garde un oeil critique et drôle sur notre société, nos travers, nos non-dits et nos petits mensonges, « tout ce qui écrit la vie. » Son écriture engagée, parfois dure et cruelle, mais le plus souvent moqueuse garde la spontanéité émerveillée de l’enfant curieux de tout.

Michel Giliberti, Bou Kornine, Éditions Bonobo, 2004, 160 pages.

Autres titres de Michel Giliberti : Blessure animale, Le Bruit paisible des secrets.

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Paul Vecchiali s'impose comme romancier
Par Hugues Demeusy

Grand bouquin, grand bonhomme que ce Paul Vecchiali. C’est le deuxième volet du journal intime de Kébir, destiné à son fils Hassan, dont ce dernier hérite à la mort de son père (le premier est intitulé Indécente Mémoire, chez le même éditeur). Kébir délivre crûment et avec la plus grande sincérité son histoire d’amour avec Jean et leur liaison hors du commun, hors du temps, qui en fait un destin unique et fort. Récit croisé avec celui du fils qui refuse la vie hors-norme de son père. Vecchiali est le premier a aborder la sexualité des sexagénaires et les sentiments qui les animent (désirs, jalousie, passion…), avec une totale liberté et sans le moindre complexe. Revigorant à bien des égards, ce récit est âpre, émouvant, sensible et très puissant ! Il met en lumière le choc des cultures, des religions et la victoire des sentiments sur la bêtise.
Né à Ajaccio en 1930, Paul Vecchiali est de ces créateurs que tous les arts intéressent. Depuis le début des années 60, il a ainsi réalisé plus d’une dizaine de courts-métrages, près d’une cinquantaine de téléfilms et une quinzaine de longs-métrages, dont
« Femmes Femmes » en 1974, « En haut des marches » en 1982 ou encore « À vot’ bon cœur » en 2003. Il a également écrit, mis en scène et joué au théâtre. On lui doit enfin plusieurs romans, dont « La Pieuvre par neuf » (dans la collection 'Le Poulpe') et « Les Frontières de l’aube » (chez Stock).

Paul Vecchiali, Vade retro, Éditions H&O, 2004, 224 pages.

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Prix du roman gai 2004 / 2005

Le prix du roman gai 2004 a été attribué durant le salon Rainbow Attitude à Nicolas Henri pour Bleu caraïbes (Cylibris Editions). L'édition 2005 est ouverte !

« Haïti, le début des années 80. Alors que le régime Duvalier s’effiloche et que le sida se murmure à peine, les touristes se font rares sous les palmiers. C’est dans ce climat particulier que je débarquai à Port-au-Prince, dans un établissement qui se révélerait très vite tenir autant du bordel que de l’hôtel, et m’apprêtai à partir à la découverte de l’île. De pseudo-guides en vrais arnaqueurs, j’allai me laisser peu à peu mener par mes amants de rencontre hors des sentiers battus du tourisme chic jusqu’à découvrir l’envers d’un décor paradisiaque. » Dans ce roman singulier, Nicolas Henri mêle érotisme, récit de voyage et peinture désabusée d’une misère camouflée sous le vernis de l’exotisme.
Un jury composé de libraires et de journalistes décernera à l'automne 2005 le nouveau lauréat, alors à vos stylos... Les manuscrits doivent parvenir accompagnés du réglement signé avant avril 2005.

Nicolas Henri, Bleu caraïbes, Éditions Cylibris, 2004, 204 pages.
Plus de précisions sur le prix du roman gai : www.prixduromangay.com

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La revue Triangul'ère lance son site Internet
www.triangulere.com

Toute l'équipe de Triangul'ère est heureuse de vous annoncer l'ouverture de son nouveau site dans sa version complète. Venez visiter la galerie d’artistes qui s’enrichira au fil du temps des signatures de nombreux dessinateurs, peintres, sculpteurs, photographes, multimédia… qui participent de la culture gay. Découvrez ou retrouvez les numéros qui ont été publiés (agrémentés d’extraits choisis). Vous cherchez un bar, une boutique, un éditeur, une association… ? Rendez-vous dans le « Carnet d’adresses » ou de nombreux liens vous enverront vers d’autres cieux. Vous voulez des renseignements concernant un livre ? Il est peut-être déjà dans la rubrique « À lire » – qui sera complétée continuellement. Faites-vous plaisir en téléchargeant des fonds d’écran. Vous souhaitez commander les numéros de Triangul’ère, suivez les indications dans la rubrique « Triangulere.shop ». À noter que le numéro Triangul'ère 5 dédié au photographe Orion Delain vient de sortir en librairie.

Pour plus d'information : http://www.triangulere.com

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Pour 2 DVD GAY TIGER PROD achetés le troisième est offert.


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