Bienvenue et merci de votre visite !

Par où commencer  ?

FAQ

Présentation

Nous contacter

S'abonner 
à la lettre d'info :
 

Magazine

Accueil

Sommaire

Éditorial

Agenda

Nos choix

Les  incontournables

Les 10 meilleurs titres gais

Les 10 meilleurs titres lesbiens

Archives

Auteurs cités 
- de A à L

- de M à Z

Numéros parus

Liens

Sites auteurs gays

Sites auteures lesbiennes

Librairies

Maisons d'édition

Nous connaître

Vidéo

Collaborateurs

L'avis des professionnels

Contact

Abonnez-vous gratuitement

Echange de bannières

Conseil québécois des gais et lesbiennes

 

La Référence est une initiative privée et non subventionnée qui ne peut survivre sans votre soutien. Cliquez sur le lien ci-dessous pour nous aider et nous faire parvenir le montant de votre choix grâce au système de paiement facile et sécuritaire de PayPal. D'avance, merci !

 

Novembre 2005 - Numéro 30 - 3e année ©

 

Au sommaire de ce numéro :

Acheter les livres en ligne


 


Hommage à Guillaume Dustan
par Pierre Salducci

À la consternation générale, on apprenait le lundi 10 octobre dernier que l'écrivain français Guillaume Dustan avait été retrouvé mort à son domicile parisien, un studio qu'il habitait depuis un mois.

L'auteur vivait également à Douai, dans le nord de la France, où il avait été nommé à titre de juge administratif et où il demeurait « seul, sans le sou, oublié, alors qu'il avait été une personnalité à la mode à Paris à la fin des années 90 », selon Astrid de Larminat dans Le Figaro. D'après l'autopsie qui a été pratiquée, le décès remontait déjà au lundi précédent, le 3 octobre, et il serait dû à une intoxication médicamenteuse involontaire. Il s'agit là d'une des nouvelles les plus tristes qui puissent toucher le monde de la littérature gaie et lesbienne, car même si - selon les dires de certains - Guillaume Dustan était « détestable sur le plan humain » - il ne méritait pas de mourir dans de telles conditions, sans compter qu'on ne m'enlèvera pas de la tête qu'il puisse avoir mis fin à ses jours plus ou moins délibérément, d'autant plus qu'un mot d'adieu a été retrouvé sur les lieux du drame. N'oublions pas, comme le rappelle Isabelle Rüf dans Le Temps, qu'il « avait annoncé son suicide pour ses 45 ans », sans compter que son plus récent livre publié s'appelle tout de même Dernier roman (un titre un peu prémonitoire) et que le l'ouvrage de réflexions qu'il venait de terminer devait s'appeler Dernier essai « si son éditeur (Frédéric Beigbeder) n'avait insisté pour lui donner un titre plus heureux », nous explique de nouveau Astrid de Larminat, toujours dans Le Figaro. Ce sera finalement Premier essai, à paraître chez Flammarion.
Moi, Guillaume Dustan, je l'aimais bien. Je l'avais rencontré plusieurs fois, toujours sur un plan professionnel, nous avions des projets ensemble dont celui de créer une revue. J'ai eu la chance de le publier dans l'essai collectif Écrire gai que j'ai dirigé et fait paraître en 2000. Quand je m'étonnais des réactions que suscitaient son travail ou de la façon dont il était traité par ses contemporains, il me répondait toujours : « Oui, mais toi, Pierre, c'est parce que tu es gentil...! » Il accentuait le « i » de gentil et je ne savais jamais trop si dans sa bouche et prononcée de cette façon, sa réflexion se voulait un compliment ou une critique déguisée. Qu'importe ! Quand je contemple cette mort, une de plus, je ne peux m'empêcher de songer à la malédiction qui semble s'abattre sur les auteurs gays contemporains. C'est vraiment devenue une profession à risque. Aussi loin que ma mémoire remonte, je commence par René Crevel, Jean-Louis Bory, Roland Barthes et Pier Paolo Pasolini, et puis viennent Hervé Guibert, Yves Navarre, Jean-Paul Aron, Cyril Collard, Bernard Marie Koltes, Jean-Baptiste Niels, Copi en Argentine, Laurent de Graeve, Conrad Detrez et Pascal de Duve en Belgique, Denis Bélanger au Québec, Yukio Mishima au Japon, Reiner Werner Fassbinder en Allemagne, sans oublier Tennessee Williams et tant d'autres aux États-Unis... Tous sont morts prématurément, de façon violente, par suicide ou de maladie, c'est hallucinant. On craint pour ceux qui sont encore en vie. Je n'en peux plus de voir mourir les écrivains gays. C'est la presse française qui va être contente, elle qui n'aime que les écrivains morts et qui traite les vivants avec mépris et circonspection. C'est bien cela qui me marque dans le cas de Dustan, combien il a toujours été mal traité et mal reçu par la presse, y compris par la presse gay. Et son cas n'est pas sans me rappeler ce que vivait Navarre, qui souffrait exactement de ce même manque de reconnaissance et d'une homophobie généralisée. C'est comme si plus les écrivains avaient de talent et plus il fallait les traîner dans la boue pour voir jusqu'où ils pourraient tenir. Eh bien, voilà, ils tiennent un certain temps. Puis, ils se foutent en l'air. Et même après, cela ne suffit pas toujours pour qu'on les traite avec respect. 
Je suis surpris de voir les termes et le ton employés un peu partout pour résumer la carrière de Dustan. Le mépris est omniprésent, rampant, venimeux, sournois. La dépêche de l'Agence France Presse le présente comme un « Énarque en rupture de ban » (alors qu'en fait, selon Flores de Bodman dans Le Nouvel Observateur, « Il n'a jamais abandonné le barreau et est toujours resté juge  administratif, malgré quelques vacances de temps à autre »), avant d'ajouter qu'il a créé « une éphémère collection de littérature gay et lesbienne » chez Balland. Il faut vraiment être mesquin pour écrire ce genre de chose. Je crois personnellement qu'on ne peut pas présenter comme « éphémère » une collection qui a quand même duré trois ou quatre  ans et qui a accueilli et révélé de nombreux auteurs gays et lesbiennes de ces dernières années. Que ceux qui peuvent se vanter d'avoir fait mieux se lèvent ! Juif et homosexuel, Dustan s'inscrivait doublement dans l'interdit. Qualifié par un critique « d'alter Angot », il note alors: « avec Christine Angot, on ne nous aime pas. Parfois si, mais bon, localement, c'est plutôt la haine et le souhait de mort qui prédominent ». Pourtant Dustan fascine, notamment toute une génération de jeunes lecteurs qui échappent à la polémique et parviennent à situer le défi de son oeuvre dans toute son originalité. Déjà, il est traduit en plusieurs langues et étudié à l'université. Un chercheur en littérature de Montréal est en train de préparer une maîtrise sur son écriture, un mémoire que l'auteur de Dans ma chambre et de Je sors ce soir n'aura malheureusement pas l'occasion de découvrir. Guillaume Dustan a été enterré au cimetière Montparnasse à Paris, le 14 octobre dernier. Sur sa tombe, on peut lire son vrai nom : William Baranès, suivi de la mention « il était connu comme écrivain sous le nom de Guillaume Dustan ».

 

revenir au sommaire ]



Serge et Réal, libraires
par Jean-Sébastien Vallée

Une nouvelle librairie gaie et lesbienne vient d’ouvrir à Montréal.

C’est le jeudi 29 septembre dernier qu'a eu lieu l’ouverture officielle de Serge et Réal, libraires en présence du député Gilles Duceppe et d’une centaine d’invités. Située sur la rue Amherst, juste en face de l’ancienne librairie L’Androgyne, la librairie se distingue par ses couleurs flamboyantes et surtout par son contenu diversifié. On y retrouve en effet quelque cinq cent titres gais et lesbiens, dont romans, essais et livres d’art. Dans ce lieu dynamique, vous pourrez même prendre un café tout en lisant. Chaque mois, la librairie procédera au tirage d’un livre offert gracieusement à sa clientèle. Des rencontres littéraires (soirées poésie, club de lecture) et des lancements sont également prévus. Au programme, on annonce d'ores et déjà que le journaliste et globe-trotter québécois Denis-Martin Chabot - auteur de Pénitence, Manigances, les deux premiers opus d’une saga relatant l’histoire d’hommes gais à travers l’émancipation des années 80,  puis l’arrivée du sida - sera présent le dimanche 13 novembre prochain de 14 heures à 18 heures pour une séance de signature tandis que l'auteur belge Patrick Lowie lancera son nouveau roman L’enfant du Kerala, le jeudi 1er décembre. À noter que la librairie possède également un site Internet pour en apprendre plus.

Serge et Réal, libraires - 1455, rue Amherst, Montréal (514) 527-7759
www.realetsergelibraires.com

revenir au sommaire ]



Jaime sort son nouveau recueil de nouvelles

Le jeune auteur de textes fantastiques auquel La Référence avait déjà consacré un article (numéro 28 - août 2005) annonce aujourd'hui la sortie de son recueil de nouvelles : Amour Délicat et Abstrait - Réalisé. L'ouvrage rassemble cinq nouvelles dont deux inédites, quelques illustrations originales signées Jaime, ainsi qu'une préface de Morgane Guigouain.

«L'Amour ou la quête de sa moitié... Un thème propice à tant d'inaccessible, tant d'absolu et de transgressions. Les jeunes garçons que Jaime met ici en scène le savent bien : toucher le rêve demande parfois qu'on y brûle un peu de soi, et de violer les frontières du possible. Venez vous abreuver à la source de ces amours juvéniles, près de laquelle la magie et les illusions de l'enfance vivent encore. Cinq nouvelles, cinq perles, entre fantastique et romantisme, mêlant sensualité et innocence.»
Le recueil contient les nouvelles : Lille Prinsen, Essence de Térébenthine, d'Or et d'Argent, Fable Rose, Amour délicat et abstrait - Réalisé.

Disponible à la vente par commande via le site de l'Orchestre Fantomatique : www.orchestre-fantomatique.com  - 5 euros.

revenir au sommaire ]



Julien et son contraire, ou le journal intime d'un jeune gay au bord du précipice
Par Pierre Salducci

Moi et mon contraire retrace trois années de la vie d’un jeune homosexuel, de 1999 à 2002. Il s'agit d’un témoignage réel,  sans prétention littéraire, de la retranscription fidèle et épurée d'un journal intime dont l’auteur souhaite rester anonyme. Tous les prénoms et les lieux ont été changés.

Arrivé à Paris pour s’engager dans l’armée, l’auteur, mal dans sa peau, trop gros, vit ses premiers émois au sein de sa caserne. Frustrations, premières amours, déceptions. Il se lie avec son chef d’équipe, Scharles avec lequel il entreprend une longue amitié sincère. Puis, l’auteur est envoyé en mission à Sarajevo, où sa seule préoccupation sera son apprentissage sexuel auprès de militaires français et étrangers. De relations d’un soir en relations virtuelles avec de jeunes homosexuels de Paris, le narrateur se déchire entre passion, envie, désir, et besoin de reconnaissance. C’est ensuite le retour en France et la découverte de l’amour, du vrai, celui qui, malheureusement, le mènera durant plus de deux ans à côtoyer le milieu homosexuel de la capitale, la drogue, la luxure, la tromperie, les mensonges, la déchirure, le mal.
Selon Julien, « cet ouvrage ne juge pas directement l’homosexualité ni le monde gay parisien, il retrace simplement le parcours d’un jeune garçon entre 21 et 23 ans, et qui atteint 26 ans au moment de l’épilogue. Entre rapport journalier et philosophie personnelle, l’auteur s’interroge, se questionne, s’analyse. Il apporte ses doutes, ses remords, ses expériences, ses faits. Son objectif est de proposer un regard extérieur sur une longue descente dans un enfer personnel, provoquée par un manque cruel de reconnaissance et d’amour. »
Moi et mon contraire est divisé en cinq parties : l’été, l’automne, l’hiver, mon printemps et épilogue. Chaque saison est une allégorie de ce qu’à vécu l’auteur. L’été : Le soleil brille, tout est innocent, vierge, épuré. L’automne : Le meilleur est passé, arrivent les premiers froids, les premières nostalgies. L’hiver : C'est la longue descente dans l'enfer personnel, les griffes du mal, du souffle glacial du remord, une période de mort extérieure, mais où tout est prêt à revivre intérieurement. Le printemps : Le renouveau, les premiers rayons de soleil, le début des bonnes résolutions, la fin de l’enfer, le début de la vie. Et enfin l'épilogue, juin 2005 : L’auteur se questionne aujourd’hui sur ce parcours atypique et personnel, c'est l'ouverture vers l’avenir.
Mis en ligne sur Internet le 19 septembre 2005, ce récit a reçu plus de 500 visites et quelques témoignages de sympathie : « J'ai lu ce début de journal que j'ai trouvé enrichissant car il aborde un univers différent avec sensibilité », « Je trouve que le journal est intéressant et il me plairait de correspondre directement avec son auteur », « Les questionnements de l’auteur, les doutes, ses propres remords, ses propres paradoxes reflètent bien dans quelle société aujourd’hui les homosexuels parisiens évoluent : sexe, drogue et boite techno, pour reprendre les mots de l’auteur. Je m’y suis retrouvé », « Très beau parcours. Il appartient à l’auteur mais est intéressant car il donne à lire la vie d’un jeune homo qui passe d’un état de pureté et de virginité mentale à un aspect noir et dégoûtant de son propre reflet. Le titre Moi et Mon Contraire est parfaitement adapté. Bravo. »

Julien, Moi et mon contraire, journal intime d'un jeune gay au bord du précipice, http://mcontraire.free.fr/journal.htm
Pour joindre l'auteur : muscin@free.fr

revenir au sommaire ]



Les chroniques lesbiennes d'Autrement Internaute
par Pierre Salducci

Autrement Internaute est un site personnel lesbien particulièrement intéressant qui propose de nombreuses chroniques et informations, mais également des textes de réflexion et d’actualité.

Mis en ligne par Josée-Gabrielle Morisset depuis juillet 1996, Internaute Autrement aborde tous les aspects possibles et imaginables au sujet du lesbianisme comme par exemple : l'acceptation et le coming out, le couple lesbien (romantisme et amour), le mariage gai / l'union civile, la sexualité lesbienne, la famille, le tourisme, les lesbiennes et les hommes, mais aussi les arts et la littérature. Ce site intelligent, explicatif et très bien vu répond à toutes les questions qu’on peut se poser sur la réalité lesbienne en commençant par la plus simple : Qu'est-ce qu'une lesbienne ?, ou encore : Qu’est-ce qu’une butch ?
Josée-Gabrielle Morisset habite la rive sud de Québec (Canada). Elle diffuse ses billets d’humeur et ses coups de gueule sur son site qu’elle actualise tous les trois mois. Elle est collaboratrice bénévole de la revue Treize mais elle a publi
é également dans de nombreuses autres revues comme Orientations, Corps et âme, Gazelle ou Le Magaisine de Québec. Tous ses écrits sont recensés et archivés par ordre chronologique. Un discours qui s’adresse à tous, toujours très clair, déterminé, mais avec sérénité.
À l’occasion du décès de l’écrivaine Anne Marie-Alonzo, Josée-Gabrielle Morisset révélait dans un bref récit qu’elle a eu la chance de rencontrer l’écrivaine alors qu’elle était « dans la jeune vingtaine ». Elle évoque l’impression que lui a faite cette rencontre et les souvenirs qu’elle en garde encore aujourd’hui. Une histoire qui n'est pas sans rappeler le rapport que plusieurs gais ont pu avoir avec Yves Navarre. Un témoignage d’une grande beauté, parfois bouleversant. D’autres chroniques évoquent par ailleurs les écrits de Geneviève Pastre. Enfin, Josée-Gabrielle Morisset propose une chronique sur la littérature lesbienne.

Autrement Internaute : http://www.total.net/~jogamo/


revenir au sommaire ]



Le prix Renaudot à Nina Bouraoui

C'est l'auteure lesbienne franco-algérienne Nina Bouraoui qui a obtenu le prix Renaudot 2005, annoncé le 3 novembre dernier à Paris. Il faut remonter au prix Fémina de Jocelyne François, avec Joue-nous Espana en 1980, pour retrouver un grand prix littéraire français attribué à une auteure ouvertement lesbienne. L'occasion de faire le point sur la perception de cet événement par la presse francophone.

On ne s'avancera guère en disant que Mes Mauvaises Pensées, neuvième livre, le plus ambitieux et aussi le plus maîtrisé, de Nina Bouraoui, va sans doute marquer un véritable tournant dans son oeuvre. Comme le fit en son temps le poétique Jour du séisme qui vit émerger, dans les décombres d'une identité fracturée, un « je » blessé, écartelé entre deux cultures (française et algérienne) et deux identités (fille et garçon). Dès lors, la romancière ne va cesser de rassembler les deux parts qui la composent pour retrouver sa « définition ». Ce sera Garçon manqué, récit autobiographique marquant son adieu à l'enfance et à l'Algérie ; La Vie heureuse, où pour la première fois elle affirmait son amour des femmes ; et enfin Poupée Bella qui, sous la forme du journal, abordait les strates amoureuses qui la composent et fondent son écriture.
Christine Rousseau – Le Monde

Quatorze ans après le prix du Livre Inter, attribué à La Voyeuse interdite, Nina Bouraoui s'est vu décerner hier le prix Renaudot pour Mes mauvaises pensées, publié chez Stock. D'une récompense à l'autre, un chemin d'écrivain sépare ces deux livres – le premier, le neuvième – entre lesquels les admirateurs de la romancière franco-algérienne ne manquent pas de souligner les continuités stylistiques et thématiques. L'écartèlement entre culture française et origine algérienne, la violence d'une identité familiale perdue et retrouvée, la découverte de l'amour saphique et l'échappée belle dans la littérature ont fourni la matière et le mobile de presque tous les livres de Nina Bouraoui, tandis qu'une phrase rythmée par la tachycardie, jouant sur les obsessions, les lapsus et les réminiscences, en modelait la forme.
Sébastien Lapaque – Le Figaro

Contrastant certes, autant que par son contenu émotif et son écriture, avec le produit plus lisse et assez typique du
« milieu parisien » que figure le Goncourt 2005, le livre de Nina Bouraoui que le Renaudot consacre relève de la confession, entre récit de vie et bilan affectif. Comme chez Weyergans, mais bien plus lancinante, la peur de ne pas écrire est ici liée à un imbroglio familial franco-algérien que l'auteur s'efforce de démêler auprès d'une femme médecin. Les relations familiales et amoureuses (homosexuelles), relevant plus ou moins de la psychanalyse, sont « rejouées » ici dans une écriture « amniotique » et pleine de symboles, dont le tour narcissique tend à submerger le lecteur.
Jean-Louis Kuffer – 24 heures.ch (Suisse)

Nina Bouraoui, Mes mauvaises penséesroman, éditions Stock, 2005.


  


Philippe Cassand sur un cheval bleu

Philippe Cassand est l'auteur de trois romans policiers gays, tous parus chez Cylibris : La Mort vous remercie d’avoir choisi sa compagnie, Série black et Le Cheval bleu se promène sur l'horizon, deux fois. Membre de l'Union des écrivains gais, Philippe Cassand fait partie de ces auteurs qui « vont à la rencontre de leur public et s'impliquent personnellement dans la diffusion de leurs livres ». Un point de vue qui semble lui être bénéfique puisque son dernier roman rencontre un succès croissant. Pour Philippe Cassand, l'écriture est une « passion vitale ». « Les lecteurs constituent mon histoire d'amour permanente », déclare-t-il.

Fabien, jeune cadre d’Orléans, mène une vie tranquille partagée entre ses deux amants, un voyou au passé obscur et un médecin de campagne réputé et marié, jusqu’au jour où un crime vient semer le trouble dans son quotidien. Entre lettres anonymes et révélations, le cadavre retrouvé dans un lieu de drague notoire devient vite encombrant. Et si cette affaire dépassait le fait divers et était en relation avec le message que la BBC diffusait pendant la guerre : Le Cheval bleu se promène sur l'horizon, deux fois...
Philippe Cassand n’en n’est pas à son coup d’essai, après l’évocation de l’univers impitoyable du Marais parisien dans La Mort vous remercie d’avoir choisi sa compagnie, le non moins impitoyable enfer des petits blancs, anciens coloniaux, dans la brousse congolaise de Série Black ce troisième roman, s’attaque au plus impitoyable de tous : la belle province française. Peinture caustique et satirique des rapports humains, cet excellent roman noir nous propose une histoire chabrolienne, où se mêlent secrets de familles, drames personnels et crimes de sang. Comédie humaine acérée, Le Cheval bleu se promène sur l'horizon, deux fois... est un polar au vitriol au suspense insoutenable qui réjouit et entraîne loin…

Philippe CassandParis, Éditions Cylibris, 2005, 258 p., 17 euros.
Acheter ce livre chez Adventice.com

Voir également : La Mort vous remercie d'avoir choisi sa compagnie ] Entrevue Philippe Cassand ] Série black ]

revenir au sommaire ]



Homosexualité et science-fiction

La littérature gay et lesbienne présente bien des visages différents. Si les relations entre homosexualité et érotisme ou homosexualité et polar sont exploitées depuis longtemps, d’autres aspects sont encore peu connus, comme par exemple homosexualité et fantastique (voir à ce sujet l’article dans le numéro 28) ou homosexualité et science-fiction.

Par chance, il existe justement un site qui explore les rapports entre l’homosexualité et l’imaginaire, un genre déjà bien représenté dans le monde anglo-saxon mais peu développé en français. C’est donc une occasion à ne pas rater pour en apprendre plus. Selon le webmaster du site Homosexualité et science fiction, « l'imaginaire s'est vite emparé du sujet et l'a traité avec une surprenante tolérance », c’est pourquoi il nous invite à découvrir « ce patrimoine que vous ne soupçonniez pas ». En effet, de nombreuses découvertes vous attendent. Le site révèle notamment des fiches bibliographiques très complètes sur divers auteurs qui se sont illustrés dans ce domaine. Plusieurs sont anglo-saxons, mais parmi les francophones, on ne manquera pas de remarquer la présence des auteurs lesbiennes Claude Neix, Cy Jung, Sylvie Calmette, et parmi les auteurs gais Kevin Saad et Francis Berthelot (en photo ci-contre). Un dossier très complet est d’ailleurs consacré à ce dernier sous le titre Le rêve du démiurge, ou 50 ans de comédie humaine. Les amateurs pourront également se pencher sur le roman très remarqué du québécois Daniel Sernine, Chronoreg, paru en 1992 chez Québec Amérique.

Homosexualité et science-fiction : http://homosf.free.fr/

revenir au sommaire ]


      

 

Pour 2 DVD GAY TIGER PROD achetés le troisième est offert.


La Référence, toute l'actualité du livre gay et lesbien

Rédacteur en chef : Pierre Salducci (www.salducci.com) / Collaborateurs / Ligne éditoriale / Logo La Référence : Pablo Cruz, agence Punto Net  (www.puntonet.info) / Pour nous écrire : Contact / Pour vous abonner gratuitement / Visitez notre site à cette adresse : www.la-reference.info / La Référence vous parvient des îles Canaries (Espagne) / © Tous droits réservés - tous pays 2004-2007

          Analyse d'audience