Février
2007 - Numéro 49 - 4e année ©
Au sommaire :
Les
dix meilleurs titres gays :
palmarès
de Didier Mansuy
La
mémoire d'août de Corinne Matthieu
par
Christel Marque
Corinne
Matthieu travaille dans la communication. Elle est l’auteure d’un
premier roman, La Vie est gay, devenu un véritable
best-seller, dans lequel elle relatait avec humour les frasques d’une joyeuse
tribu d’amies. Avec Mémoire d’août, Corinne
Matthieu change radicalement d’univers pour nous faire pénétrer dans
la vie très secrète de Garance, vendeuse anonyme dans une grande librairie
parisienne.
Pour
Garance, personnage un tantinet maniaque et solitaire, l’amour n’est qu’un
"sentiment meurtrier" car son amour à elle se nourrit de littérature
et d’isolement. Dans sa petite chambre de bonne, dépouillée à l’extrême,
elle n’a pour seul vestige du passé qu’une vieille malle héritée de son
père, dans laquelle elle enferme ses souvenirs ainsi que les lettres d’Ulysse,
son "presque" frère. Ces souvenirs l’ont tant accablée qu’elle
vit aujourd’hui loin de son île et de ses fantômes dans une complète
ataraxie amoureuse. Jusqu’au jour où surgit la belle et mystérieuse Ariane
qui va progressivement l’éveiller à des sentiments depuis longtemps oubliés
de son cœur. Cette rencontre va donner un sens nouveau à sa vie, jusqu’alors
sans réelle envergure, et la libérera de ses peines.
Dans un style très intimiste, Corinne Matthieu nous propose ici la
version épurée d’une tragédie grecque, dans laquelle toute fuite loin de
ses racines se transforme en odyssée. La romancière compose un personnage
tourmenté et empreint de nostalgie qui préfère la banalité d’un quotidien
sans éclat plutôt que d’affronter les tourments de son passé. La belle
Ariane saura-t-elle alors tisser le fil des souvenirs qui ramène les âmes et
les cœurs perdus sur les lieux de leur enfance ?
Mémoire d’août dépeint la complexité des sentiments et s’avère
un roman peut-être moins léger qu’il n’y paraît au premier abord. L’émotion
affleure à chaque page, pleine de solitude ; celle que l’on recherche
dans la lecture, celle qui devient raison de vivre quand la mémoire est trop
lourde de souvenirs.
Corinne
Matthieu,
Mémoire d'août,
roman, éditions de la Cerisaie, 2006, 224 pages, 14 €.
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Romain
Paris Mutalis
par
Pascal Éloy
En
1999, Romain Paris met en ligne son site Internet.
Il utilise son prénom et sa ville de résidence pour créer son pseudo. En
2001, il contribue au documentaire Bleu-Blanc-Rose
dans lequel il aborde sa séropositivité et sa vie avec le virus. Après deux
années de travail et de questionnement intensif, Romain
Paris présente son premier roman Nageur
en eaux troubles, puis naît un nouvel ouvrage Mutalis,
pour l'instant uniquement disponible sur son site Internet.
Né
de l’imagination fertile de Romain Paris, Mutalis décrit la
société de l’avenir. À cette époque, on vient de découvrir l’antiatome
et l’Europe (en tant que détentrice de ce brevet) se transforme en une
puissante fédération nommée Neweuropa. Ceci donne naissance à une nouvelle
société à la démocratie rigide, où les lois civiles Unanimes et le permis
humain à points règlent la vie des citoyens jusque dans leur intimité. Même
si cette société se veut plus juste et égalitaire, des antagonismes
subsistent toujours, tant pour le contrôle du pouvoir collectif et individuel
que pour la défense des valeurs de Neweuropa, notamment par rapport aux autres
petites puissances réactionnaires telles que les États-Unis.
Au milieu de ces conflits, surgissent toute une série de personnages : Larval (ministre
de la sécurité, homosexuel honteux), Janice (le beau et mystérieux sergent de
l'Eurocorps), Sue (la dealeuse de Reacty), Skoll (le collégien ambitieux),
Ronaldo (l'octogénaire dilettante et opportuniste), Unu (l'ambassadeur), et
Mamix (la Mère mutante)... Tous nouent des relations parfois ambiguës et
dangereuses… De plus, les voici confrontés à l’émergence d’une nouvelle
maladie, le sida Mutalis qui va bouleverser le destin de l'humanité.
Si le premier roman de Romain Paris pouvait apparaître comme une
biographie sévère et sans complaisance, il en va tout autrement de Mutalis.
Oeuvre de fiction, voire de science-fiction, ce roman est également une fable
éminemment politique et philosophique, car l’auteur s’y interroge sur ce
qui se passerait si l’énergie nucléaire devenait une énergie propre et non
dangereuse et si l’égalité de tous les êtres devenait une priorité absolue
et incontestable...
Sur un ton tantôt mystérieux, tantôt drôle, l’auteur nous offre un ouvrage
d’une étonnante acuité psychologique, plein d’intelligence et de
perspicacité ; un livre qui ne se lit pas seulement pour sa dimension gay... C’est
un roman sobre et caustique qui présente toutes les qualités pour être
rapidement diffusé par un éditeur, voire pour devenir un excellent film...
Bref, un roman qu’il est presque impossible de ne pas le lire d’une traite !
Actuellement, Romain Paris écrit un nouveau roman dans lequel il
revisite l'apparition de l'homme sur la terre, l'extinction des dinosaures, le
tsunami du siècle et certaines mythologies grecques. On a déjà hâte de le
lire.
Romain
Paris, Mutalis, roman, disponible uniquement et gratuitement
sur Internet : http://www.romainparis.com
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Roger
Peyrefitte ou l’amour des agneaux
par Pierre Salducci, d'après
Wikipédia et Maxime Foerster.
Roger
Peyrefitte est né à Castres, le 17 août 1907, et mort à Paris, le 5
novembre 2000. Après une courte carrière de diplomate, il fut pendant la
seconde moitié du XXe siècle l'un des écrivains français les plus
controversés. Plus encore qu'André Gide, et au
contraire d'Henry de Montherlant dont il fut
longtemps l'ami et le complice, il conçut sa carrière littéraire comme une
militance courageuse et assidue en faveur de l'amour des garçons, n’hésitant
pas à se proclamer ouvertement homosexuel, ou plutôt pédéraste :
"J'aime les agneaux, disait-il, pas les moutons !"
Roger
Peyrefitte fut secrétaire d'ambassade à Athènes de 1933 à 1938. En
février 1945, il sera contraint de se retirer de la carrière diplomatique, l’année
même qui marque le début de sa carrière d'écrivain et d'historien. Dès son
premier roman, Les Amitiés particulières paru en 1944, Roger
Peyrefitte donne le ton. Cet ouvrage lui apporta d'emblée la notoriété en
obtenant le prix Renaudot en 1945. L'auteur y suscitait déjà le scandale en
révélant des tendances amoureuses peu orthodoxes : le livre décrit en effet
les amours de deux garçons de quatorze et douze ans, au sein d'un internat
catholique à l'atmosphère étouffante. Si la sexualité y est évoquée avec
discrétion, elle est néanmoins bien présente en filigrane derrière les
sentiments exacerbés des garçons – et, parfois, ceux des adultes. Comme
lorsque le jeune Alexandre pose à son ami cette question : Georges,
sais-tu les choses qu'il ne faut pas savoir ?
On
peut lire cette histoire émouvante comme l'affrontement tragique, au sein d'une
communauté exclusivement masculine, de deux religions : celle du Christ, et
celle du Garçon. Chacun des personnages principaux est peu ou prou traversé
par cette lutte entre l'amour mystique et l'amour garçonnier, entre le
christianisme officiel et la pédérastie secrètement triomphante. C'est ce
caractère quasi mythique, joint à l'érudition de l'auteur, au classicisme du
style et à une composition rigoureuse, qui a fait des Amitiés
particulières un véritable livre culte.
Vingt ans après sa publication, l'œuvre a été portée à l'écran dans un
film de Jean Delannoy (1964), qui reçut un accueil triomphal à la
Biennale de Venise. Au cours du tournage du film en l'abbaye de Royaumont, Roger
Peyrefitte tomba amoureux d'un garçon d'une douzaine d'années, Alain-Philippe
Malagnac d'Argens de Villele, avec lequel il connut ensuite une liaison
passionnée qui fera le sujet, entre autres, des récits Notre amour et L'Enfant
de cœur. Pour financer les diverses affaires entreprises par Malagnac
dans les années 80, Roger Peyrefitte vendra ses collections de monnaies,
livres rares et sculptures antiques. Par la suite, Alain-Philippe Malagnac
épousera Amanda Lear et trouvera une mort tragique dans l'incendie de
leur maison, trois mois seulement après la disparition de Roger Peyrefitte.
En dehors de dépeindre les amours masculines, Roger Peyrefitte est
également historien et auteur satirique. En 1953, il publie Les Clés de
saint Pierre, roman dans lequel l’écrivain brocardait le pape Pie XII.
L’ouvrage fit bien évidemment scandale. Il est vrai que Peyrefitte y
multipliait
les allusions voilées à l'homosexualité du Souverain Pontife (ou au moins à
celle qu'il lui prêtait), mais ce voile faisait justement partie du jeu et le
rendait d'autant plus méchant. Un bel exemple en est donné dans un passage,
qui est un morceau de bravoure, où il montre Pie XII qui a l'air de se
dépouiller de ses vêtements à la manière d'une jolie femme ; il appelle au
début le pape Sa Sainteté, ce qui lui permet par la suite de toujours
parler de lui en disant Elle. Et il termine par cette phrase, dans
laquelle Pie XII retrouve instantanément le genre masculin : Sans
doute voulait-il mettre un terme à ce déshabillage qui pouvait ne plus avoir
de limites. François Mauriac menaça de quitter L'Express si
cet hebdomadaire continuait à faire de la publicité pour le livre.
L'affrontement entre les deux écrivains devait encore s'exacerber au moment de
la sortie du film Les Amitiés particulières, et il culmina avec une
féroce lettre ouverte publiée par Peyrefitte, qui n'hésita pas à
mettre sur la place publique les mœurs d'homosexuel caché de Mauriac et
à le traiter de Tartuffe.
Les romans très documentés de Roger Peyrefitte sont fondés sur des
faits réels, historiques ou d'actualité, comme la biographie d'Alexandre le
Grand qui constitue aujourd’hui le principal ouvrage de référence sur le
conquérant macédonien. Néanmoins la plupart de ses livres sont
essentiellement des satires (cf. Les Ambassades), tandis que d’autres
s'adressent surtout aux spécialistes (Chevaliers de Malte, Les Juifs)
au risque parfois d’en être ennuyeux pour le profane (Fils de la Lumière).
Dans
la plupart de ses œuvres portant sur des sujets contemporains, l’écrivain
n'a eu de cesse de dénoncer les personnalités qui auraient eu les mêmes mœurs
que lui-même, et qui les cachaient, comme Henry de Montherlant (qu’il
a peint plusieurs fois sous le pseudonyme transparent de Lionel de Beauséant)
et, s’il faut l’en croire, le secrétaire général de l'ONU ou même le
Pape Jean XXIII (que les familiers du Vatican appelaient Giovanna,
écrit-il dans Propos secrets). Dans Roy, un de ses derniers
livres, Peyrefitte met en scène l'initiation à l'homosexualité par la
prostitution d'un adolescent au corps licencieux et à l'esprit chafouin. Un
roman subversif, volontairement situé en terre américaine, sur la côte ouest
des États-Unis, dans lequel l’écrivain prend plaisir à lever bien des
tabous...
C'est peu dire qu'il existe un contraste entre Roy et Les Amitiés
particulières, on a du mal à croire que Roger Peyrefitte est
l'auteur de deux romans si opposés du point de vue de l'homosexualité. Alors
que Les Amitiés particulières racontent avec pudeur, dans une prose
classique, les débuts d'un amour platonique entre deux adolescents dans un
collège de jésuites, Roy au contraire retrace l'initiation au commerce
homosexuel d'un garçon à peine pubère mais précoce tant dans l'érotisme que
dans la manipulation des autres.
Roger
Peyrefitte, Les Amitiés particulières, roman, éditions
Textes gais, 2006, 16 €.
Roger
Peyrefitte, Roy, roman, éditions Textes gais, 2006,
368
pages, 18 €.
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Corinne
Gendraud : mettre des mots sur les images
entrevue
Lionel Labosse, Homo Edu
Corinne
Gendraud, 29 ans, travaille dans l’administration au Ministère de l’Éducation
Nationale (France). En 2003, elle a publié Le Bâillon,
son premier roman, à la fois chronique adolescente et initiation lesbienne, qui
suit le personnage de Nathalie de la seconde au lycée jusqu'à sa première année
de fac. Un des atouts de cette histoire est de n’être pas centrée uniquement
sur l’héroïne, mais de suivre tout le groupe d’amis qu’elle parvient à
garder malgré le mutisme auquel fait allusion le titre du livre. Le
Bâillon a reçu le label Isidor 2006 de la part du collectif Homo-édu.
À cette occasion, Corinne Gendraud a rencontré Lionel
Labosse et lui a confié ses impressions sur les liens entre écriture et
homosexualité.
Qu’est-ce
qui vous a donné envie d’écrire un livre qui aborde la question homosexuelle
?
Mon expérience personnelle, l’ignorance et les préjugés des gens sur ce
sujet. J’ai entamé l’écriture de ce livre à 19-20 ans alors que je
commençais à me sentir à peu près bien dans ma peau de lesbienne. Écrire a
d’abord été un besoin avant de devenir un plaisir. C’était donc au
départ une sorte de thérapie et ça m’a aidé à comprendre ce que je
ressentais, à prendre du recul et à m’affirmer. Cela m’a permis de me
dévoiler à ma famille et à mes proches, c’est aussi un moyen d’apporter
un témoignage aux jeunes qui se trouvent dans la même situation de doute et de
désarroi. Avant ça j’écrivais un peu, mais le déclic de l’écriture s’est
fait après la diffusion en 1995 d’un téléfilm de Caroline Huppert Charlotte,
dite Charlie. Ce petit film sans prétention traite de la découverte de l’homosexualité
féminine. Il m’a beaucoup touchée à l’époque mais il restait
malheureusement frustrant car le spectateur était le témoin extérieur du
ressenti de l’héroïne. J’ai voulu apporter les mots qui manquaient aux
images.
Quelle est votre implication personnelle, la part d’autobiographie dans
votre roman ?
Le Bâillon n’est pas véritablement une autobiographie même si j’y
ai mis beaucoup de mon ressenti. Un certain nombre d’éléments proviennent de
choses que j’ai entendues ou vues dans mon entourage, dans des films, des
livres... J’ai piqué à droite et à gauche ce qui me semblait intéressant
pour l’intrigue mais j’avoue que mon propre vécu est le fil directeur
autour duquel le roman s’est construit.
Quelles
difficultés particulières avez-vous rencontrées dans l’écriture de votre
livre ?
Le Bâillon relate des émotions plus que des faits. Le plus difficile a
donc été de se replonger dans certains souvenirs, de revivre mentalement des
situations ou des moments pas très joyeux pour pouvoir retrouver l’intensité
du vécu et le retranscrire sur le papier.
Selon vous, peut-on dire que votre livre est un roman lesbien ?
C’est un roman lesbien dans le sens où il traite de l’homosexualité
féminine et de l’acceptation, qui est le thème principal. Cependant, par roman
lesbien, je n’entends pas "roman exclusivement réservé aux
lesbiennes". Mon roman a surtout été lu par des adultes et je ne pensais
pas qu’autant de personnes différentes - homos ou hétéros - pourraient
retrouver une partie de leur adolescence à travers l’histoire de Nathalie.
Votre position d’auteure est-elle militante ? Vous inscrivez-vous dans la
perspective de faire évoluer les mentalités, de banaliser l’homosexualité ?
Je ne suis pas une militante dans l’âme mais si je peux contribuer - à
travers mes écrits - à faire évoluer les mentalités et à abattre quelques
préjugés, j’en serais satisfaite. Chacun peut aussi faire évoluer les
choses dans son quotidien, au contact des autres, en discutant et en restant
ouvert. Il n’y a pas forcément besoin de grand-chose parfois. Je ne cherche
pas à donner une image nécessairement positive des homosexuels mais une image
réaliste.
Corinne
Gendraud,
Le Baîllon, roman,
éditions La Cerisaie, 2003, 188 pages, 15 €.
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Pascal
Fioretto en Gay Vinci Code
par
Pascal Éloy
Né
le 30 avril 1962, Pascal
Fioretto est atteint,
depuis son plus jeune age de graphomanie sévère. C’est pourquoi, il est
nègre littéraire, journaliste et ami d’artistes. Il travaille pour le
mensuel humoristique Fluide Glacial pour qui il a déjà écrit La
Bouffe et La
Musique. Enfin, et à titre
anecdotique, c'est pour lui que le chanteur Renaud
a écrit sa chanson Petit Pédé.
Le
Gay Vinci Code raconte l'histoire de l'assassinat du conservateur du
Musée des Arts et traditions Homosexuels par une drag queen tueuse et débile.
L’enquête est menée par Charlus Glandon, spécialiste mondial des icônes
gays, et son neveu Cédric, jeune journaliste à Tutêt qui devront se méfier
de l’ancienne confrérie de la Vieille Tente. Rapidement, nos héros sont
amenés à penser que le plus grand secret de l'humanité réside, peut-être,
dans une obscure chanson de Dalida… Une couverture accrocheuse, un titre
énigmatique, un résumé plutôt sympa... le livre semble prometteur, avec son
humour parfois au trente-quatrième degré, ses références et ses clichés
gays omniprésents, la présence constante et menaçante de la Vieille Tente et
son intéressant dictionnaire gay-français... Pourtant, et malheureusement, le
résultat n'est vraiment pas à la hauteur.
Tout au long de son récit, l’auteur se perd en digressions sur les auteurs de
romans de gare américains et sur les effets stylistiques à observer afin, non
pas de rédiger des livres, mais de produire des ouvrages volumineux qui seront
vendus quasiment au poids - effets qu’il utilise d’ailleurs largement et qui
n’apportent rien à la compréhension ou à la qualité du livre. Ainsi Pascal
Fioretto finit par perdre son lecteur à trop vouloir jouer avec son
écriture de façon très abstraite, surtout dans la seconde moitié du livre.
De plus, l’intrigue s’avère de médiocre qualité, sans parler de la fin de
l'histoire, totalement bâclée et ridicule..., ce qui est d'autant plus
regrettable qu'on attend dès le début du livre une explication qui finalement
ne viendra jamais... Au bout du compte, Gay Vinci Code s'avère un bien
pauvre pastiche et une parodie plutôt réductrice du best seller bien connu,
comme l’improbable croisement du Da Vinci Code et de La Cage aux
folles transposé dans un univers de drag queen, de saunas, de boîtes
homos, de Mylène Farmer et de Dalida !
Pascal
Fioretto,
Gay Vinci Code, roman, éditions
Chifflet et cie, Paris, 2006, 220 pages, 15 €.
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Olga
Duhamel-Noyer en Highwater
par Laetitia
Schuck
Olga
Duhamel-Noyer est née à
Montréal en 1970. Elle est l’auteure d’un beau livre, Motel
Univers, déjà édité
chez Héliotrope, et de Highwater,
son premier roman.
Le
cadre de cette histoire est une ville frontière nommée Highwater, lieu
imaginaire plein d’insectes et de végétation luxuriante, où l’on trouve
une mine abandonnée qui structure le récit. L'auteure commence par nous
présenter une carte de la mine, puis elle donne à chaque chapitre un titre
correspondant à un emplacement différent. Au niveau de l'histoire, la
narratrice part à la recherche de Venise, une femme qui a été son amante et
dont elle est très amoureuse. Il s'agit d'une véritable course folle. Venise
est simultanément partout et nulle part, et tout comme Highwater, elle se
révèle insaisissable et fuyante. Le labyrinthe du lieu et celui de la mémoire
finissent par se rejoindre à travers cette quête de la femme aimée et perdue.
Olga Duhamel-Noyer écrit en prose poétique, un style qui n’est pas
sans rappeler Julien Gracq. Ainsi, Highwater s'avère un roman à
la fois déroutant et attirant, inquiétant et sensuel, qui oscille en
permanence entre passé et présent. Dans cet univers, le dépaysement est non
seulement géographique mais également littéraire, notamment grâce à une
écriture très imagée. Le fil conducteur du roman suit une métaphore filée
qui associe les sentiments aux multiples recoins de la mine.
Highwater fait penser à l’un des premiers polars lesbiens, After
Dolores (1988), écrit par la new-yorkaise Sarah Schulman, dans
lequel la narratrice évoquait elle aussi le souvenir obsessionnel de son
amante. Au final, Highwater s'avère un livre très original qui sort des
sentiers battus et qui vous fera découvrir Olga Duhamel-Noyer, une jeune
et nouvelle écrivaine de talent.
Olga
Duhamel-Noyer,
Highwater,
éditions Héliotrope, Montréal, 2006, 160 pages, 19.95 $ - 17 €.

Pas de quoi se taire
pour Christophe Mangelle
par
Pierre Salducci
Âgé
de 27 ans et atteint d'un cancer du testicule depuis l’âge de 20 ans, Christophe
Mangelle passe toute sa
jeunesse de bon pronostic à mauvais pronostic, se battant comme un acharné
contre cette saloperie. Il n'empêche que le garçon résiste et, malgré
des traitements particulièrement contraignants, il déborde d’activité et
parvient à réaliser de nombreux projets. Il a récemment écrit un livre Pas
de quoi se taire ! dans
lequel il raconte son combat mais aussi son cheminement en tant que jeune
homosexuel. Publié en auto-édition par les éditions La Crevette (parce que l’auteur
se dit gaulé comme une crevette), le volume de plus de 300 pages s’est
déjà écoulé à 800 exemplaires grâce au bouche-à-oreille.
Sur
le plan médical, le bilan de Christophe Mangelle est chargé. Le premier
testicule, le deuxième testicule, une récidive ganglionnaire, les poumons et
aujourd'hui le foie ont tous été touchés par le cancer. Par bonheur, pour le
moment tout est réglé. Mais le jeune homme doit suivre encore une chimio pour
le foie, organe sur lequel il reste des tâches, qui heureusement disparaissent
lentement mais sûrement. Au bout de sept années à ce rythme, Christophe
croit toujours à sa guérison.
Depuis qu’il s’est mis à transcrire son témoignage de vie, le jeune auteur
n’hésite pas à reconnaître que c’est l’écriture qui lui maintient
le moral au top. Suite à la sortie de son livre en février 2006, il a eu
de nombreux courriers et échanges avec ses lecteurs. Selon lui, il parle du
cancer avec beaucoup de liberté. Il se permet même de rire d'un sujet qui ne
s'y prête pas du tout. Des témoignages sur le cancer, profond et vrai, il
n'y en a pas tant que ça ! Mon livre parle du cancer, de jeunesse et
évidemment de sexualité, tout simplement parce que j'ai été touché sur mes
bijoux de famille, et ce n'est évidemment pas sans incident sur ma vie
sexuelle. Oui, tout y passe : la sexualité, l'homosexualité, la maladie,
le cancer, les soins, la peur de la mort, la jeunesse bafouée, la communication
avec les patients, et cette putain envie de vivre qui fait de ce livre un
ouvrage vivant, soutient-il avant d’ajouter : Depuis que je suis
malade, j'ose !
Aujourd’hui, Christophe Mangelle possède son propre site Internet http://web.mac.com/christophemangelle
ainsi qu’un blog www.les-boules.blogspot.com.
Il vit en couple dans la région parisienne, travaille dans un vidéoclub et
plaisante en en se proclamant autodidacte avec un
bac+7 en cancer. Il ne reste que quelques exemplaires de son livre encore
disponibles avant d'épuiser le premier tirage de 1 000. Un succès
impressionnant et mérité. Soyez du nombre ! On peut passer commande
directement auprès de l'auteur.
Christophe
Mangelle,
Pas de quoi se taire, récit, éditions
de la Crevette, 2006, 311 pages, 25 €
+ 5 €
pour frais d'envoi.
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Des
droits d'auteur à la hauteur
Communiqué
Ces
derniers mois, les droits d'auteur ont fait l'objet de débats publics, puisque
la majorité parlementaire entendait voter une loi sur ce sujet. Les débats se
sont beaucoup focalisés - voire uniquement - sur les oeuvres numériques et
vidéos, parce qu'elles font l'objet d'échanges gratuits dans les réseaux
Peer-to-peer. Il faut savoir néanmoins que les droits d'auteur des artistes de
la chanson française sont bien protégés et valorisés (notamment grâce un
paiement annuel en fonction de la diffusion de ces oeuvres sur les radios),
mais qu'en est-il des auteurs d'oeuvres littéraires ? A-t-on jamais fait
un débat sur l'autorisation de photocopier les livres ou de les emprunter dans
des bibliothèques, ce qui a fait considérablement chuter le nombre des vente
(et donc la rémunération des écrivains) sans qu'aucune mesure de
compensation n'ait jamais été prise ?
Il
suffit de questionner un certain nombre
d'écrivains pour en faire le constat très rapide, ce n'est guère un secret et
c'est même une généralité très répandue dans le milieu du livre. Une
majorité d'entre eux se plaignent que leurs droits d'auteur sont minorés au
moment du paiement, soit tout simplement jamais payés, ce qui n'est pas rare.
Cette situation est-elle acceptable ? Les oeuvres existent parce que les
auteurs les ont créées, les créent. La propriété intellectuelle est un
domaine du droit, mais il semble que beaucoup de créateurs pâtissent d'un
non-respect de clauses et de règles pourtant prévues dans les contrats signés
avec les maisons d'édition. Par ailleurs, une autre réalité vient compliquer la
relation auteur - éditeur, c'est que les auteurs ont peur des éditeurs,
essentiellement parce qu'ils les considèrent comme des dieux qui permettent à
leurs textes d'exister. Les auteurs ne mesurent pas assez leur importance, leur
rôle, ni leur poids, non seulement artistique mais aussi économique. Dans la réalité,
ne l'oublions pas, ce sont les éditeurs qui ne peuvent se passer des auteurs.
C'est pourquoi nous avons créé l'Agence Des Droits à la Hauteur. Nous
souhaitons avant tout contribuer à ouvrir un débat. La situation actuelle est
simple et sidérante : les auteurs sont les créateurs des oeuvres, mais ils ne
disposent d'aucune information fiable, «sécurisée», sur les ventes de leurs
ouvrages. Chaque année, les éditeurs dressent un état des ventes que les
écrivains sont obligés d'accepter tel quel sans avoir aucun moyen de vérifier
quoi que ce soit. Et ceci sans compter ceux qui ne reçoivent tout simplement
jamais d'état des ventes. Les auteurs méritent d'être considérés et respectés,
c'est-à-dire entre autre d'être justement rémunérés pour leur travail et
leur propre génie. L'Agence des Droits à la Hauteur se propose donc de
conseiller les auteurs et de les aider à gérer leurs droits d'auteur ainsi
que l'ensemble des revenus générés par leurs oeuvres. Selon certains
observateurs du milieu du livre, l'Agence des Droits à la Hauteur est en
train de lancer une initiative qui pourrait ni plus ni moins faire enfin sortir
l'édition française de la féodalité. Reste à voir si les auteurs, que l'on
sait souvent (et peut-être par essence) individualistes, seront un jour
capables de se fédérer afin de faire respecter leurs droits. Quoi qu'il en
soit, l'Agence des Droits à la Hauteur souhaite justement créer des
conditions favorables pour permettre plusieurs améliorations très attendues,
justes et nécessaires.
À consulter :
http://lagencedesdroitsalahauteur.hautetfort.com/
Plus
d'information : droitsalahauteur@yahoo.fr
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Irrésistible : événementiel et célébration
d'union gay et lesbienne