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Février 2007 - Numéro 49 - 4e année ©

Au sommaire :

Les dix meilleurs titres gays : palmarès de Didier Mansuy

 



La mémoire d'août de Corinne Matthieu
par Christel Marque

Corinne Matthieu travaille dans la communication. Elle est l’auteure d’un premier roman, La Vie est gay, devenu un véritable best-seller, dans lequel elle relatait avec humour les frasques d’une joyeuse tribu d’amies. Avec Mémoire d’août, Corinne Matthieu change radicalement d’univers pour nous faire pénétrer dans la vie très secrète de Garance, vendeuse anonyme dans une grande librairie parisienne.

Pour Garance, personnage un tantinet maniaque et solitaire, l’amour n’est qu’un "sentiment meurtrier" car son amour à elle se nourrit de littérature et d’isolement. Dans sa petite chambre de bonne, dépouillée à l’extrême, elle n’a pour seul vestige du passé qu’une vieille malle héritée de son père, dans laquelle elle enferme ses souvenirs ainsi que les lettres d’Ulysse, son "presque" frère. Ces souvenirs l’ont tant accablée qu’elle vit aujourd’hui loin de son île et de ses fantômes dans une complète ataraxie amoureuse. Jusqu’au jour où surgit la belle et mystérieuse Ariane qui va progressivement l’éveiller à des sentiments depuis longtemps oubliés de son cœur. Cette rencontre va donner un sens nouveau à sa vie, jusqu’alors sans réelle envergure, et la libérera de ses peines.
Dans un style très intimiste, Corinne Matthieu nous propose ici la version épurée d’une tragédie grecque, dans laquelle toute fuite loin de ses racines se transforme en odyssée. La romancière compose un personnage tourmenté et empreint de nostalgie qui préfère la banalité d’un quotidien sans éclat plutôt que d’affronter les tourments de son passé. La belle Ariane saura-t-elle alors tisser le fil des souvenirs qui ramène les âmes et les cœurs perdus sur les lieux de leur enfance ?
Mémoire d’août dépeint la complexité des sentiments et s’avère un roman peut-être moins léger qu’il n’y paraît au premier abord. L’émotion affleure à chaque page, pleine de solitude ; celle que l’on recherche dans la lecture, celle qui devient raison de vivre quand la mémoire est trop lourde de souvenirs.

Corinne Matthieu, Mémoire d'août, roman, éditions de la Cerisaie, 2006, 224 pages, 14 €.

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Romain Paris Mutalis
par Pascal Éloy

En 1999, Romain Paris met en ligne son site Internet. Il utilise son prénom et sa ville de résidence pour créer son pseudo. En 2001, il contribue au documentaire Bleu-Blanc-Rose dans lequel il aborde sa séropositivité et sa vie avec le virus. Après deux années de travail et de questionnement intensif, Romain Paris présente son premier roman Nageur en eaux troubles, puis naît un nouvel ouvrage Mutalis, pour l'instant uniquement disponible sur son site Internet.

romainparis-mutalis-2.jpg (619210 octets)Né de l’imagination fertile de Romain Paris, Mutalis décrit la société de l’avenir. À cette époque, on vient de découvrir l’antiatome et l’Europe (en tant que détentrice de ce brevet) se transforme en une puissante fédération nommée Neweuropa. Ceci donne naissance à une nouvelle société à la démocratie rigide, où les lois civiles Unanimes et le permis humain à points règlent la vie des citoyens jusque dans leur intimité. Même si cette société se veut plus juste et égalitaire, des antagonismes subsistent toujours, tant pour le contrôle du pouvoir collectif et individuel que pour la défense des valeurs de Neweuropa, notamment par rapport aux autres petites puissances réactionnaires telles que les États-Unis.
Au milieu de ces conflits, surgissent toute une série de personnages : Larval (ministre de la sécurité, homosexuel honteux), Janice (le beau et mystérieux sergent de l'Eurocorps), Sue (la dealeuse de Reacty), Skoll (le collégien ambitieux), Ronaldo (l'octogénaire dilettante et opportuniste), Unu (l'ambassadeur), et Mamix  (la Mère mutante)... Tous nouent des relations parfois ambiguës et dangereuses… De plus, les voici confrontés à l’émergence d’une nouvelle maladie, le sida Mutalis qui va bouleverser le destin de l'humanité.
Si le premier roman de Romain Paris pouvait apparaître comme une biographie sévère et sans complaisance, il en va tout autrement de Mutalis. Oeuvre de fiction, voire de science-fiction, ce roman est également une fable éminemment politique et philosophique, car l’auteur s’y interroge sur ce qui se passerait si l’énergie nucléaire devenait une énergie propre et non dangereuse et si l’égalité de tous les êtres devenait une priorité absolue et incontestable...
Sur un ton tantôt mystérieux, tantôt drôle, l’auteur nous offre un ouvrage d’une étonnante acuité psychologique, plein d’intelligence et de perspicacité ; un livre qui ne se lit pas seulement pour sa dimension gay... C’est un roman sobre et caustique qui présente toutes les qualités pour être rapidement diffusé par un éditeur, voire pour devenir un excellent film... Bref, un roman qu’il est presque impossible de ne pas le lire d’une traite !
Actuellement, Romain Paris écrit un nouveau roman dans lequel il revisite l'apparition de l'homme sur la terre, l'extinction des dinosaures, le tsunami du siècle et certaines mythologies grecques. On a déjà hâte de le lire.

Romain Paris, Mutalis, roman, disponible uniquement et gratuitement sur Internet : http://www.romainparis.com

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Roger Peyrefitte ou l’amour des agneaux
par Pierre Salducci, d'après Wikipédia et Maxime Foerster.

Roger Peyrefitte est né à Castres, le 17 août 1907, et mort à Paris, le 5 novembre 2000. Après une courte carrière de diplomate, il fut pendant la seconde moitié du XXe siècle l'un des écrivains français les plus controversés. Plus encore qu'André Gide, et au contraire d'Henry de Montherlant dont il fut longtemps l'ami et le complice, il conçut sa carrière littéraire comme une militance courageuse et assidue en faveur de l'amour des garçons, n’hésitant pas à se proclamer ouvertement homosexuel, ou plutôt pédéraste : "J'aime les agneaux, disait-il, pas les moutons !"

Roger Peyrefitte fut secrétaire d'ambassade à Athènes de 1933 à 1938. En février 1945, il sera contraint de se retirer de la carrière diplomatique, l’année même qui marque le début de sa carrière d'écrivain et d'historien. Dès son premier roman, Les Amitiés particulières paru en 1944, Roger Peyrefitte donne le ton. Cet ouvrage lui apporta d'emblée la notoriété en obtenant le prix Renaudot en 1945. L'auteur y suscitait déjà le scandale en révélant des tendances amoureuses peu orthodoxes : le livre décrit en effet les amours de deux garçons de quatorze et douze ans, au sein d'un internat catholique à l'atmosphère étouffante. Si la sexualité y est évoquée avec discrétion, elle est néanmoins bien présente en filigrane derrière les sentiments exacerbés des garçons – et, parfois, ceux des adultes. Comme lorsque le jeune Alexandre pose à son ami cette question : Georges, sais-tu les choses qu'il ne faut pas savoir ?
On peut lire cette histoire émouvante comme l'affrontement tragique, au sein d'une communauté exclusivement masculine, de deux religions : celle du Christ, et celle du Garçon. Chacun des personnages principaux est peu ou prou traversé par cette lutte entre l'amour mystique et l'amour garçonnier, entre le christianisme officiel et la pédérastie secrètement triomphante. C'est ce caractère quasi mythique, joint à l'érudition de l'auteur, au classicisme du style et à une composition rigoureuse, qui a fait des Amitiés particulières un véritable livre culte.
Vingt ans après sa publication, l'œuvre a été portée à l'écran dans un film de Jean Delannoy (1964), qui reçut un accueil triomphal à la Biennale de Venise. Au cours du tournage du film en l'abbaye de Royaumont, Roger Peyrefitte tomba amoureux d'un garçon d'une douzaine d'années, Alain-Philippe Malagnac d'Argens de Villele, avec lequel il connut ensuite une liaison passionnée qui fera le sujet, entre autres, des récits Notre amour et L'Enfant de cœur. Pour financer les diverses affaires entreprises par Malagnac dans les années 80, Roger Peyrefitte vendra ses collections de monnaies, livres rares et sculptures antiques. Par la suite, Alain-Philippe Malagnac épousera Amanda Lear et trouvera une mort tragique dans l'incendie de leur maison, trois mois seulement après la disparition de Roger Peyrefitte.
En dehors de dépeindre les amours masculines, Roger Peyrefitte est également historien et auteur satirique. En 1953, il publie Les Clés de saint Pierre, roman dans lequel l’écrivain brocardait le pape Pie XII. L’ouvrage fit bien évidemment scandale. Il est vrai que Peyrefitte y multipliait les allusions voilées à l'homosexualité du Souverain Pontife (ou au moins à celle qu'il lui prêtait), mais ce voile faisait justement partie du jeu et le rendait d'autant plus méchant. Un bel exemple en est donné dans un passage, qui est un morceau de bravoure, où il montre Pie XII qui a l'air de se dépouiller de ses vêtements à la manière d'une jolie femme ; il appelle au début le pape Sa Sainteté, ce qui lui permet par la suite de toujours parler de lui en disant Elle. Et il termine par cette phrase, dans laquelle Pie XII retrouve instantanément le genre masculin : Sans doute voulait-il mettre un terme à ce déshabillage qui pouvait ne plus avoir de limites. François Mauriac menaça de quitter L'Express si cet hebdomadaire continuait à faire de la publicité pour le livre. L'affrontement entre les deux écrivains devait encore s'exacerber au moment de la sortie du film Les Amitiés particulières, et il culmina avec une féroce lettre ouverte publiée par Peyrefitte, qui n'hésita pas à mettre sur la place publique les mœurs d'homosexuel caché de Mauriac et à le traiter de Tartuffe.
Les romans très documentés de Roger Peyrefitte sont fondés sur des faits réels, historiques ou d'actualité, comme la biographie d'Alexandre le Grand qui constitue aujourd’hui le principal ouvrage de référence sur le conquérant macédonien. Néanmoins la plupart de ses livres sont essentiellement des satires (cf. Les Ambassades), tandis que d’autres s'adressent surtout aux spécialistes (Chevaliers de Malte, Les Juifs) au risque parfois d’en être ennuyeux pour le profane (Fils de la Lumière).
Dans la plupart de ses œuvres portant sur des sujets contemporains, l’écrivain n'a eu de cesse de dénoncer les personnalités qui auraient eu les mêmes mœurs que lui-même, et qui les cachaient, comme Henry de Montherlant (qu’il a peint plusieurs fois sous le pseudonyme transparent de Lionel de Beauséant) et, s’il faut l’en croire, le secrétaire général de l'ONU ou même le Pape Jean XXIII (que les familiers du Vatican appelaient Giovanna, écrit-il dans Propos secrets). Dans Roy, un de ses derniers livres, Peyrefitte met en scène l'initiation à l'homosexualité par la prostitution d'un adolescent au corps licencieux et à l'esprit chafouin. Un roman subversif, volontairement situé en terre américaine, sur la côte ouest des États-Unis, dans lequel l’écrivain prend plaisir à lever bien des tabous...
C'est peu dire qu'il existe un contraste entre Roy et Les Amitiés particulières, on a du mal à croire que Roger Peyrefitte est l'auteur de deux romans si opposés du point de vue de l'homosexualité. Alors que Les Amitiés particulières racontent avec pudeur, dans une prose classique, les débuts d'un amour platonique entre deux adolescents dans un collège de jésuites, Roy au contraire retrace l'initiation au commerce homosexuel d'un garçon à peine pubère mais précoce tant dans l'érotisme que dans la manipulation des autres.

Roger Peyrefitte, Les Amitiés particulières, roman, éditions Textes gais, 2006, 16 €.
Roger Peyrefitte, Roy, roman, éditions Textes gais, 2006, 368 pages, 18 €.

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Corinne Gendraud : mettre des mots sur les images
entrevue Lionel Labosse, Homo Edu

Corinne Gendraud, 29 ans, travaille dans l’administration au Ministère de l’Éducation Nationale (France). En 2003, elle a publié Le Bâillon, son premier roman, à la fois chronique adolescente et initiation lesbienne, qui suit le personnage de Nathalie de la seconde au lycée jusqu'à sa première année de fac. Un des atouts de cette histoire est de n’être pas centrée uniquement sur l’héroïne, mais de suivre tout le groupe d’amis qu’elle parvient à garder malgré le mutisme auquel fait allusion le titre du livre. Le Bâillon a reçu le label Isidor 2006 de la part du collectif Homo-édu. À cette occasion, Corinne Gendraud a rencontré Lionel Labosse et lui a confié ses impressions sur les liens entre écriture et homosexualité.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire un livre qui aborde la question homosexuelle ?
Mon expérience personnelle, l’ignorance et les préjugés des gens sur ce sujet. J’ai entamé l’écriture de ce livre à 19-20 ans alors que je commençais à me sentir à peu près bien dans ma peau de lesbienne. Écrire a d’abord été un besoin avant de devenir un plaisir. C’était donc au départ une sorte de thérapie et ça m’a aidé à comprendre ce que je ressentais, à prendre du recul et à m’affirmer. Cela m’a permis de me dévoiler à ma famille et à mes proches, c’est aussi un moyen d’apporter un témoignage aux jeunes qui se trouvent dans la même situation de doute et de désarroi. Avant ça j’écrivais un peu, mais le déclic de l’écriture s’est fait après la diffusion en 1995 d’un téléfilm de Caroline Huppert Charlotte, dite Charlie. Ce petit film sans prétention traite de la découverte de l’homosexualité féminine. Il m’a beaucoup touchée à l’époque mais il restait malheureusement frustrant car le spectateur était le témoin extérieur du ressenti de l’héroïne. J’ai voulu apporter les mots qui manquaient aux images.

Quelle est votre implication personnelle, la part d’autobiographie dans votre roman ?
Le Bâillon n’est pas véritablement une autobiographie même si j’y ai mis beaucoup de mon ressenti. Un certain nombre d’éléments proviennent de choses que j’ai entendues ou vues dans mon entourage, dans des films, des livres... J’ai piqué à droite et à gauche ce qui me semblait intéressant pour l’intrigue mais j’avoue que mon propre vécu est le fil directeur autour duquel le roman s’est construit.

Quelles difficultés particulières avez-vous rencontrées dans l’écriture de votre livre ?
Le Bâillon relate des émotions plus que des faits. Le plus difficile a donc été de se replonger dans certains souvenirs, de revivre mentalement des situations ou des moments pas très joyeux pour pouvoir retrouver l’intensité du vécu et le retranscrire sur le papier.

Selon vous, peut-on dire que votre livre est un roman lesbien ?
C’est un roman lesbien dans le sens où il traite de l’homosexualité féminine et de l’acceptation, qui est le thème principal. Cependant, par roman lesbien, je n’entends pas "roman exclusivement réservé aux lesbiennes". Mon roman a surtout été lu par des adultes et je ne pensais pas qu’autant de personnes différentes - homos ou hétéros - pourraient retrouver une partie de leur adolescence à travers l’histoire de Nathalie.

Votre position d’auteure est-elle militante ? Vous inscrivez-vous dans la perspective de faire évoluer les mentalités, de banaliser l’homosexualité ?
Je ne suis pas une militante dans l’âme mais si je peux contribuer - à travers mes écrits - à faire évoluer les mentalités et à abattre quelques préjugés, j’en serais satisfaite. Chacun peut aussi faire évoluer les choses dans son quotidien, au contact des autres, en discutant et en restant ouvert. Il n’y a pas forcément besoin de grand-chose parfois. Je ne cherche pas à donner une image nécessairement positive des homosexuels mais une image réaliste.

Corinne Gendraud, Le Baîllon, roman, éditions La Cerisaie, 2003, 188 pages, 15 €.

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Pascal Fioretto en Gay Vinci Code
par Pascal Éloy

Né le 30 avril 1962, Pascal Fioretto est atteint, depuis son plus jeune age de graphomanie sévère. C’est pourquoi, il est nègre littéraire, journaliste et ami d’artistes. Il travaille pour le mensuel humoristique Fluide Glacial pour qui il a déjà écrit La Bouffe et La Musique. Enfin, et à titre anecdotique, c'est pour lui que le chanteur Renaud a écrit sa chanson Petit Pédé.

Le Gay Vinci Code raconte l'histoire de l'assassinat du conservateur du Musée des Arts et traditions Homosexuels par une drag queen tueuse et débile. L’enquête est menée par Charlus Glandon, spécialiste mondial des icônes gays, et son neveu Cédric, jeune journaliste à Tutêt qui devront se méfier de l’ancienne confrérie de la Vieille Tente. Rapidement, nos héros sont amenés à penser que le plus grand secret de l'humanité réside, peut-être, dans une obscure chanson de Dalida… Une couverture accrocheuse, un titre énigmatique, un résumé plutôt sympa... le livre semble prometteur, avec son humour parfois au trente-quatrième degré, ses références et ses clichés gays omniprésents, la présence constante et menaçante de la Vieille Tente et son intéressant dictionnaire gay-français... Pourtant, et malheureusement, le résultat n'est vraiment pas à la hauteur.
Tout au long de son récit, l’auteur se perd en digressions sur les auteurs de romans de gare américains et sur les effets stylistiques à observer afin, non pas de rédiger des livres, mais de produire des ouvrages volumineux qui seront vendus quasiment au poids - effets qu’il utilise d’ailleurs largement et qui n’apportent rien à la compréhension ou à la qualité du livre. Ainsi Pascal Fioretto finit par perdre son lecteur à trop vouloir jouer avec son écriture de façon très abstraite, surtout dans la seconde moitié du livre. De plus, l’intrigue s’avère de médiocre qualité, sans parler de la fin de l'histoire, totalement bâclée et ridicule..., ce qui est d'autant plus regrettable qu'on attend dès le début du livre une explication qui finalement ne viendra jamais... Au bout du compte, Gay Vinci Code s'avère un bien pauvre pastiche et une parodie plutôt réductrice du best seller bien connu, comme l’improbable croisement du Da Vinci Code et de La Cage aux folles transposé dans un univers de drag queen, de saunas, de boîtes homos, de Mylène Farmer et de Dalida !

Pascal Fioretto, Gay Vinci Code, roman, éditions Chifflet et cie, Paris, 2006, 220 pages, 15 .

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Olga Duhamel-Noyer en Highwater
par Laetitia Schuck

Olga Duhamel-Noyer est née à Montréal en 1970. Elle est l’auteure d’un beau livre, Motel Univers, déjà édité chez Héliotrope, et de Highwater, son premier roman.

Le cadre de cette histoire est une ville frontière nommée Highwater, lieu imaginaire plein d’insectes et de végétation luxuriante, où l’on trouve une mine abandonnée qui structure le récit. L'auteure commence par nous présenter une carte de la mine, puis elle donne à chaque chapitre un titre correspondant à un emplacement différent. Au niveau de l'histoire, la narratrice part à la recherche de Venise, une femme qui a été son amante et dont elle est très amoureuse. Il s'agit d'une véritable course folle. Venise est simultanément partout et nulle part, et tout comme Highwater, elle se révèle insaisissable et fuyante. Le labyrinthe du lieu et celui de la mémoire finissent par se rejoindre à travers cette quête de la femme aimée et perdue.
Olga Duhamel-Noyer écrit en prose poétique, un style qui n’est pas sans rappeler Julien Gracq. Ainsi, Highwater s'avère un roman à la fois déroutant et attirant, inquiétant et sensuel, qui oscille en permanence entre passé et présent. Dans cet univers, le dépaysement est non seulement géographique mais également littéraire, notamment grâce à une écriture très imagée. Le fil conducteur du roman suit une métaphore filée qui associe les sentiments aux multiples recoins de la mine.
Highwater fait penser à l’un des premiers polars lesbiens, After Dolores (1988), écrit par la new-yorkaise Sarah Schulman, dans lequel la narratrice évoquait elle aussi le souvenir obsessionnel de son amante. Au final, Highwater s'avère un livre très original qui sort des sentiers battus et qui vous fera découvrir Olga Duhamel-Noyer, une jeune et nouvelle écrivaine de talent.

Olga Duhamel-Noyer, Highwater, éditions Héliotrope, Montréal, 2006, 160 pages, 19.95 $ - 17 €.



Pas de quoi se taire pour Christophe Mangelle
par Pierre Salducci

Âgé de 27 ans et atteint d'un cancer du testicule depuis l’âge de 20 ans, Christophe Mangelle passe toute sa jeunesse de bon pronostic à mauvais pronostic, se battant comme un acharné contre cette saloperie. Il n'empêche que le garçon résiste et, malgré des traitements particulièrement contraignants, il déborde d’activité et parvient à réaliser de nombreux projets. Il a récemment écrit un livre Pas de quoi se taire ! dans lequel il raconte son combat mais aussi son cheminement en tant que jeune homosexuel. Publié en auto-édition par les éditions La Crevette (parce que l’auteur se dit gaulé comme une crevette), le volume de plus de 300 pages s’est déjà écoulé à 800 exemplaires grâce au bouche-à-oreille.

Sur le plan médical, le bilan de Christophe Mangelle est chargé. Le premier testicule, le deuxième testicule, une récidive ganglionnaire, les poumons et aujourd'hui le foie ont tous été touchés par le cancer. Par bonheur, pour le moment tout est réglé. Mais le jeune homme doit suivre encore une chimio pour le foie, organe sur lequel il reste des tâches, qui heureusement disparaissent lentement mais sûrement. Au bout de sept années à ce rythme, Christophe croit toujours à sa guérison.
Depuis qu’il s’est mis à transcrire son témoignage de vie, le jeune auteur n’hésite pas à reconnaître que c’est l’écriture qui lui maintient le moral au top. Suite à la sortie de son livre en février 2006, il a eu de nombreux courriers et échanges avec ses lecteurs. Selon lui, il parle du cancer avec beaucoup de liberté. Il se permet même de rire d'un sujet qui ne s'y prête pas du tout. Des témoignages sur le cancer, profond et vrai, il n'y en a pas tant que ça ! Mon livre parle du cancer, de jeunesse et évidemment de sexualité, tout simplement parce que j'ai été touché sur mes bijoux de famille, et ce n'est évidemment pas sans incident sur ma vie sexuelle. Oui, tout y passe : la sexualité, l'homosexualité, la maladie, le cancer, les soins, la peur de la mort, la jeunesse bafouée, la communication avec les patients, et cette putain envie de vivre qui fait de ce livre un ouvrage vivant, soutient-il avant d’ajouter : Depuis que je suis malade, j'ose ! 
Aujourd’hui, Christophe Mangelle possède son propre site Internet http://web.mac.com/christophemangelle ainsi qu’un blog www.les-boules.blogspot.com. Il vit en couple dans la région parisienne, travaille dans un vidéoclub et plaisante en en se proclamant autodidacte avec un bac+7 en cancer. Il ne reste que quelques exemplaires de son livre encore disponibles avant d'épuiser le premier tirage de 1 000. Un succès impressionnant et mérité. Soyez du nombre ! On peut passer commande directement auprès de l'auteur.

Christophe Mangelle, Pas de quoi se taire, récit, éditions de la Crevette, 2006, 311 pages, 25  + 5 € pour frais d'envoi.

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Des droits d'auteur à la hauteur
Communiqué

Ces derniers mois, les droits d'auteur ont fait l'objet de débats publics, puisque la majorité parlementaire entendait voter une loi sur ce sujet. Les débats se sont beaucoup focalisés - voire uniquement - sur les oeuvres numériques et vidéos, parce qu'elles font l'objet d'échanges gratuits dans les réseaux Peer-to-peer. Il faut savoir néanmoins que les droits d'auteur des artistes de la chanson française sont bien protégés et valorisés (notamment grâce un paiement annuel en fonction de la diffusion de ces oeuvres sur les radios), mais qu'en est-il des auteurs d'oeuvres littéraires ? A-t-on jamais fait un débat sur l'autorisation de photocopier les livres ou de les emprunter dans des bibliothèques, ce qui a fait considérablement chuter le nombre des vente (et donc la rémunération des écrivains) sans qu'aucune mesure de compensation n'ait jamais été prise ?

Il suffit de questionner un certain nombre d'écrivains pour en faire le constat très rapide, ce n'est guère un secret et c'est même une généralité très répandue dans le milieu du livre. Une majorité d'entre eux se plaignent que leurs droits d'auteur sont minorés au moment du paiement, soit tout simplement jamais payés, ce qui n'est pas rare. Cette situation est-elle acceptable ? Les oeuvres existent parce que les auteurs les ont créées, les créent. La propriété intellectuelle est un domaine du droit, mais il semble que beaucoup de créateurs pâtissent d'un non-respect de clauses et de règles pourtant prévues dans les contrats signés avec les maisons d'édition. Par ailleurs, une autre réalité vient compliquer la relation auteur - éditeur, c'est que les auteurs ont peur des éditeurs, essentiellement parce qu'ils les considèrent comme des dieux qui permettent à leurs textes d'exister. Les auteurs ne mesurent pas assez leur importance, leur rôle, ni leur poids, non seulement artistique mais aussi économique. Dans la réalité, ne l'oublions pas, ce sont les éditeurs qui ne peuvent se passer des auteurs. C'est pourquoi nous avons créé l'Agence Des Droits à la Hauteur. Nous souhaitons avant tout contribuer à ouvrir un débat. La situation actuelle est simple et sidérante : les auteurs sont les créateurs des oeuvres, mais ils ne disposent d'aucune information fiable, «sécurisée», sur les ventes de leurs ouvrages. Chaque année, les éditeurs dressent un état des ventes que les écrivains sont obligés d'accepter tel quel sans avoir aucun moyen de vérifier quoi que ce soit. Et ceci sans compter ceux qui ne reçoivent tout simplement jamais d'état des ventes. Les auteurs méritent d'être considérés et respectés, c'est-à-dire entre autre d'être justement rémunérés pour leur travail et leur propre génie. L'Agence des Droits à la Hauteur se propose donc de conseiller les auteurs et de les aider à gérer leurs droits d'auteur ainsi que l'ensemble des revenus générés par leurs oeuvres. Selon certains observateurs du milieu du livre, l'Agence des Droits à la Hauteur est en train de lancer une initiative qui pourrait ni plus ni moins faire enfin sortir l'édition française de la féodalité. Reste à voir si les auteurs, que l'on sait souvent (et peut-être par essence) individualistes, seront un jour capables de se fédérer afin de faire respecter leurs droits. Quoi qu'il en soit, l'Agence des Droits à la Hauteur souhaite justement créer des conditions favorables pour permettre plusieurs améliorations très attendues, justes et nécessaires.

À consulter : http://lagencedesdroitsalahauteur.hautetfort.com/ Plus d'information : droitsalahauteur@yahoo.fr

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Irrésistible : événementiel et célébration d'union gay et lesbienne


Pour 2 DVD GAY TIGER PROD achetés le troisième est offert.


La Référence, toute l'actualité du livre gay et lesbien

Rédacteur en chef : Pierre Salducci (www.salducci.com) / Collaborateurs / Ligne éditoriale / Logo La Référence : Pablo Cruz, agence Punto Net  (www.puntonet.info) / Pour nous écrire : Contact / Pour vous abonner gratuitement / Visitez notre site à cette adresse : www.la-reference.info / La Référence vous parvient des îles Canaries (Espagne) / © Tous droits réservés - tous pays 2004-2007

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